Born in 1909 in Stockholm, Sweden
Lived and worked in France
Died in 1987 in Grasse, France

Anna-Eva BERGMAN

Anna-Eva Bergman naît à Stockholm le 29 mai 1909, de mère norvégienne et de père suédois. Ses parents se séparent six mois après sa naissance et sa mère la ramène en Norvège où elle passe sa jeunesse. Elle fait ses études à l'Académie des Beaux-Arts d'Oslo (1927) et à l'École des Arts Appliqués de Vienne (1928). Ses écrits et dessins témoignent de son sens de l'humour et de l’observation et démontrent un talent virtuose du trait. Plus tard, elle s’affirmera comme illustratrice et journaliste.
 
En avril 1929 elle part à Paris et s'inscrit à l'Académie André Lhote. En mai, elle rencontre Hans Hartung. Ils se marient la même année à Dresde.
De 1933 à 1934, le couple s'installe dans l'île de Minorque, aux Baléares. Les peintures et aquarelles de cette période montrent son intérêt pour le nombre d'or ou l'architecture et annoncent les formes simples, construites de son futur travail.
 
Le couple divorce en 1938, Anna-Eva Bergman retourne en Norvège où, de 1935 à 1945, elle se consacre essentiellement à l'illustration et à l'écriture. En 1946, elle recommence à peindre avec intensité et s'engage à la fin des années 1940 dans une voie non figurative. La ligne et le rythme y deviennent fondamentaux. Cette période marque un tournant majeur dans sa création. Elle invente et construit peu à peu un univers singulier. Elle réalise son premier tableau à la feuille d’or et abandonne définitivement l'illustration.
 
Au cours de l’été 1950, elle fait un voyage en bateau le long de la côte norvégienne, visite les îles Lofoten et le Finnmark. Ce voyage est décisif dans l’évolution de sa peinture. Avec la technique de la tempera, elle retrouve la transparence des paysages et la lumière du soleil de minuit, un jeu graphique traverse aussi ses œuvres d’où émergent les lignes des montagnes. En 1951 suite à plusieurs étés passés à Citadelløya (sud de la Norvège) elle réalise des peintures et dessins sur la structure des rochers usés par la mer. De cette série, qu’elle nomme « Fragments d'une île en Norvège », est issu son premier motif : la pierre (1952). C’est une transition capitale de son travail. Sa peinture évolue ensuite vers la recherche d’un nombre restreint de formes simples. 
 
En 1952, elle s'installe à Paris et retrouve Hans Hartung. Ils se remarient en 1957.
 
En 1958, dans une série d'œuvres sur papier de même format, à la tempera et feuille de métal, Anna-Eva Bergman décline pour la première fois en peinture le répertoire de formes qu'elle a développées dans son travail depuis 1952 : pierre, lune, astre, planète, montagne, stèle, arbre, tombeau, vallée, barque, proue ou miroir. Ces formes archétypes inspirées de la nature scandinaves et la puissante lumière nordique deviendront les éléments centraux de l'œuvre de Bergman.
 
Anna-Eva Bergman et Hans Hartung, en 1964, voyagent en bateau le long de la côte norvégienne, au-delà du Cap Nord. Durant plusieurs années, Anna-Eva Bergman utilisera dans son travail les esquisses et les photographies réalisées au cours de ce voyage au Nord.
Le couple s'installe à Antibes en 1973 où ensemble, ils conçoivent leur maison et leurs studios qui deviendra plus tard la Fondation Hartung-Bergman. Les œuvres d'Anna-Eva évoluent alors vers des formes de plus en plus simples et une gamme colorée plus restreinte. Elle abandonne la construction de ses toiles au nombre d'or et enrichit son vocabulaire de formes de deux thèmes : les vagues et les pluies.
 
Anna-Eva Bergman décède le vendredi 24 juillet à l'hôpital de Grasse.
 
L'artiste a de très nombreuses expositions personnelles, notamment en Norvège, comme en 1969 aux musées d'Oslo et de Bergen, en 1979 à la Fondation Henie-Onstad ; en Suède, en Finlande, en Italie, comme au Museo Civico de Turin en 1967, à la Biennale de São Paulo en 1969, en Allemagne, comme à la Kunsthalle de Düsseldorf en 1981-1982, à Paris à la Galerie de France où elle expose régulièrement de 1958 à 1977, au musée d'Art moderne de la Ville de Paris avec une rétrospective en 1977-1978, à Antibes au musée Picasso en 1986, etc.)
 

education

1929: André Lhote Academy, Paris

1928: School of Applied Arts, Vienna

​1927: Academy of Fine Arts, Oslo

solo shows

2022
- Anna-Eva Bergman - Revelation, Perrotin, New York, USA (upcoming)
Anna-Eva Bergman, Vestfossen Kunstlaboratorium, Vestfossen, Norway

2020-2021
- Palacio de Velázquez, Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía, Madrid, Spain

2019-2020
- Musée des Beaux-Arts, Caen, France

2018-2019
- Bombas Gens Centre d'Art, Valence, Spain

2019
- Galerie Jérôme Poggi, Paris, France

2018
- Museum der bildenden Künste, Leipzig, Germany

2017
- Domaine de Kerguéhennec, Bignan, France

2016
- Galerie Jérôme Poggi, Paris, France
- HL-Senteret for studier av Holocaust og livssynsminoriteter, Oslo, Norway

2015
- Museet for samtidskunst, Oslo, Norway

2014
- Galerie Jérôme Poggi, Paris, France

2011
- Musée de l'Hospice Saint-Roch, Issoudun, France

2010-2011
- Nordnorsk Kunstmuseum, Tromsø, Norway

2010
- Henie Onstad Kunstsenter, Høvikodden, Norway
- Bergen Kunstmuseum, Bergen, Norway

​2009
- L'Observatoire de Haute Provence, Saint Michel l'Observatoire, France

2006
- Galeri Nord-Norge, Harstad, Norway
- Galleri Kaare Berntsen, Oslo, Norway
- Galleri Åkern, Konsberg, Norway

2005
- Galerie Sapone, Nice, France

2003
- El Roser, Cuitadella, Minorca, Spain

2002
- Museet for samtidskunst, Oslo, Norway

2001
- Cabinet des estampes et des dessins, Liège, Belgium

2000
- Ensemble Conventuel des Jacobins, Toulouse, France

1998
- Geukens et De Vil Art Gallery, Knokke, Belgium

1997
- Henie Onstad Kunstsenter, Høvikodden, Norway
- Haugar Vestfold Kunstmuseum, Tønsberg, Norway
- Listasafn Kópavogs Gerdarsafn, Kópavogur, Iceland
- Sparkasse, Kiel, Germany
- Galerie La Hune Brenner, Paris, France

1996
- Lillehammer Kunst museum, Lillehammer, Norway
- Trondhjems Kunstforening, Trondheim, Norway
- Galerie Fritz-Winter-Haus, Ahlen, Germany
- Rogaland Kunstmuseum, Stavanger, Norway

1995
- Musée Picasso, Antibes, France

1991-1992
- Noroit-Arras, Arras, France        
- Der Kunstverein, Zweibrücken, Germany

​1991
- Haugesunds Kunstforening, Haugesund, Norway
- Nordnorsk Kunstmuseum, Tromsø, Norway

1990
- Henie Onstad Kunstsenter, Høvikodden, Norway
- Galerie La Hune, Paris, France
- Trøndelag Kunstgalleri, Trondheim, Norway

1989
- Oslo Kunstforening, Oslo, Norway
- Norrköpings Konstmuseum, Norrköping, Sweden
- Herning Kunstmuseum, Herning, Danemark

1988
- Galerie Dube-Heynig, Munich, Germany
- Musée des Beaux-Arts, Carcassonne, France

1987
- Galerie Carinthia, Klagenfurt, Austria

1986
- Musée Picasso, Antibes, France
- Galleri Langegaarden, Fjøsanger, Norway
- Galerie Daniel Gervis, Paris, France
- Galleri Åkern, Kongsberg, Norway
- Norræna Húsid, Reykjavik, Iceland

1984
- Galerie MB Art Marlies Breitling, Stuttgart, Germany

1983
- Galerie Sapone, Nice, France
- Fritz-Winter-Haus, Ahlen, Germany

1981-1982
- Staatsgalerie moderner Kunst München-Haus der Kunst, Munich, Germany
- Hochschule für angewandtekunst in Wien, Vienne, Austria
- Henie Onstad Kunstsenter, Høvikodden, Norway

1981
- Røisheim Hotell, Bøverdalen, Norway
- Kunsthalle, Düsseldorf, Germany
- Lier Folkebibliotek Tranby Avdeling, Tranby, Norway

1980-1981
- Musée de la Poste, Paris, France

1980
- Erker, Saint Gallen, Switzerland
- Galleri Cassandra, Drøbak, Norway
- Stavanger Kunstforening, Stavanger, Norway
- Drammens Kunstforening, Drammen, Norway
- Ålesund Kunstforening, Ålesund, Norway
- Galleri - Stasjonen, Hop, Norway

1979
- Henie Onstad Kunstsenter, Høvikodden, Norway
- Helsingfors Stads Konstsamlingar, Helsinski, Finland

1978
- Fritz-Winter-Haus, Ahlen, Germany

1977-1978
- Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, Paris, France

1977
- Galerie de France, Paris, France
- Musée de l'Abbaye Sainte Croix, Les Sables d'Olonne, France

1976
- Hôtel de Ville, St Maximin-la-Ste Baume, France
- Galerie Sapone, Nice, France

1975
- Centro Annunciata, Milan, Italy
- Galerie La Hune, Paris, France
- Galerie Biedermann, Munich, Germany

1974
- Galerie Noella Gest, Saint-Rémy-de-Provence, France

1973
- Galleria d'Arte Grafica Meeting, Mestre - Venice, Italy

1972
- Bergens Kunstforening, Bergen, Norway
- Larvik Kunstforening, Larvik, Norway

1971
- Kragerø Kunstforening, Kragerø, Norway

1969
- Biennale de São Paulo, São Paulo, Brésil (Anna-Eva Bergman represents Norway)

1968-1969
- Galerie de France, Paris, France

1968
- Stavanger Kunstforening, Stavanger, Norway
- Haugesunds Kunstforening, Haugesund, Norway
- Ålesund Kunstforening, Ålesund, Norway

1967
- Galerie Schmücking, Brunswick, Germany
- Galerie Aronowitch, Stockholm, Suweden
- Galleria Civica d'Arte Moderna, Turin, Italy
- Lille Galleri, Oslo, Norway

1966-1967
- Musée Savremene Umetnosti, Belgrade, Serbia

1966
- Galerie Cahier d'Art, Paris, France
- Kunstnernes Hus, Oslo, Norway
- Bergens Kunstforening, Bergen, Norway
- Galeria international Fornells de Arte Contemporanea Sa Taula, Fornells, Minorca, Spain
- Musée d’Art Contemporain, Skopje, Republic of Macedonia

1964
- Galerie la Hune, Paris, France

1962
- Galerie de France, Paris, France
- Galerie Larsen, Marseille, France

1961
- Galerie Kaare Berntsen, Oslo, Norway
- Galerie Tony Spinazzola, Aix-en-Provence, France

1960
- Wittenborn and Company, New York, USA
- Galleria Vigna Nuova, Florence, Italy
- Galerie La Hune, Paris, France

​1959
- Galerie Lucien Blanc, Aix-en-Provence, France

1958
- Galerie de France, Paris, France Galerie La Hune, Paris, France
- Galerie Van De Loo, Munich, Germany

1955
- Galerie Ariel, Paris, France
- Galerie La Hune, Paris, France

1952
- Kunstantiquariat Wasmuth, Berlin, Germany

1950
- Unge Kunstneres Samfund (UKS), Oslo, Norway

1932
- Galerie Heinrich Kühl, Dresde, Germany
- Galerie Blomqvist, Oslo, Norway


 

group shows

2021
- Modernismens Pionerer. Utvalg fra Tangen-samlingen, Sørlandets Kunstmuseum, Kristiansand, Norvway
- Anna-Eva Bergman / Vera Pagava - L'Horizon de l'Abstraction, Galerie Jérôme Poggi, Paris, France
 
2019-2020
- Im Licht der Nacht - Vom Leben im Halbdunkel / In the Spotlight of the Night - Life in the Gloom, Marta Herford Museum für Kunst, Architektur, Design, Herford, Germany
- Femmes années 50; Au fil de l'abstraction, peinture et sculpture, Musée Soulages, Rodez, France
 
2019
- La Lune, du voyage réel aux voyages imaginaires, Grand Palais, Galeries nationales, Paris, France
- Sauvages nudités - Peindre le Grand Nord, Château de Fontainebleau, Fontainebleau, France
- Deep Impact – Stefan Gierowski and European avant-gardes in the 60s, Fundacja Stefana Gierowskiego, Warsaw, Poland
 
2019-2018
- Lost, Loose, and Loved - Foreign artists in Paris 1944-1968, Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofia, Madrid, Spain
 
2018
- Biënnale van de Schilderkunst, Over landschappen, Museum Dhondt-Dhaenens, Deurle, Belgium
- Peindre la nuit, Centre Pompidou-Metz, Metz, France
 
2017
- Marie Buskov velger seg Anna-Eva Bergman, Oslo Kunsthandel, Oslo, Norway
 
2016-2017
- Histoire des formes, Centre d'art contemporain Les Tanneries, Amilly, France
 
2015
- La Spiritualita nell'arte, Eglise San Francesco, Cuneo, ItalY
- Sensations de nature, Musée Courbet, Ornans, France
- Nel mezzo del mezzo, Arte contemporanea nel mediterraneo, Museo Riso, Palermo, Italy
 
2014-2015
- 20 000 lieux ..., voyage dans les collections deSociété Générale et du LAAC, LAAC, Dunkerque, France
 
2013-2014
- Davant l'horitzó, Fondation Joan Miró, Barcelona, Spain
 
2013
- How High The Moon, Galerie Jérôme Poggi, Paris, France
- Fra Munch til Slettemark, Musée Munch, Oslo, Norway
- Venues d'ailleurs, Les femmes artistes étrangères de la Seconde École de Paris, Galerie Artemper, Paris, France
- Using a hammer and sea-staring is OK - abstraction and performance, OSL contemporary, Oslo, Norway
 
2012
- NORSK, une scène artistique norvégienne contemporaine, Galerie Jérôme Poggi, Paris, France
 
2011
- Det Menneskelige Mønster (The Human Pattern), Kunsthall Oslo, Oslo, Norway
- Regard sur l'abstraction lyrique / Montparnasse et Saint-Germain-des-Prés, Musée des Beaux-Arts, Carcassonne, France
 
2010
- God natt da du... Surrealisme i norsk kunst 1930-2010, Stenersenmuseet, Oslo, Norway
- Le Funambule, Timothy Taylor Gallery, London, United Kingdom
 
2009
- Jean Proal, Anna-Eva Bergman, Hans Hartung une amitié créatrice, Bibliothèque Municipale Joseph Roumanille, Saint-Rémy-de-Provence, France
- Liefde! Kunst! Passie! Kunstenaarsechtparen, Gemeentemuseum Den Haag, The Hague, The Netherlands
- Jean Proal, Anna-Eva Bergman, Hans Hartung une amitié créatrice, Salles d'exposition de la Fondation Carzou, Manosque, France
 
2006
- L'envolée lyrique Paris 1945-1956, Musée du Luxembourg, Paris, France
 
2000
- Olivier Debré, La Loire... Et ses amis, Château de Gien, Gien, France
 
1999
- Femmes-Graveurs du XXe siècle -Livres et estampes, Cabinet des Estampes et des Dessins, Liège, Belgium
- L'Atelier lacourière Frélaut: 70 ans de gravure et d'imprimerie, Cabinet des Estampes et des Dessins, Liège, Belgium
 
1998
- Fokus 50, Museet for Samtidskunst, Oslo, Norway
 
1996-1997
- Graphik des 20. Jahrhunderts, Galerie Fritz-Winter-Haus, Ahlen, Germany
- Petits et grands papiers d’art contemporain, autour de la collection de Charles-Eric Siméoni, Musée Ziem, Martigues, France
- The Event Horizon, Irish Museum of Modern Art, Dublin, Ireland
 
1996
- Norwegian Art, China National Gallery, Beijing, China
 
1994
- Vinterland - Norsk vintermaleri fra to sekler, Lillehammer Bys Malerisamling, Lillehammer, Norway
 
1993-1994
- Vinterland - Norsk vintermaleri fra to sekler, Kunsthalle der Hypo-Kulturstiftung, Munich, Germany
 
1993
- 25 ÅR 1968-1993, Henie Onstad Kunstsenter, Høvikodden, Norway
- Vinterland - Norsk vintermaleri fra to sekler, The Fernbank Museum of Natural History, Atlanta, USA
- Vinterland - Norsk vintermaleri fra to sekler, The National Museum of Western Art, Tokyo, Japan
 
1990
- Les graveurs des années 60, Galerie la Hune, Paris, France
 
1988
- Les Graveurs des années 50, Galerie la Hune, Paris, France
 
1987
- Le bois gravé en Chine et en Occident, Centre Culturel, Boulogne-Billancourt, France
- Hommage au président Georges Pompidou un homme de culture, Artcurial, Paris, France
- Fransk-Norsk Utstilling, Universitetet i Trondheim, Trondheim, Norway
- Première Triennale Internationale de la Gravure Contemporaine, Centre Marcel Noppeney, Differdange-Oberkorn, Luxembourg
- Statens 100. Kunstutstilling 1987, Kunstnernes Hus, Oslo, Norway
 
1986-1987
- Hommage à Iris Clert, Acropolis, Nice, France
 
1986
- Arcréa 86 - Exposition d'art contemporain, Château de la Napoule, Mandelieu-La Napoule, France
- Grafiske blad av Anna-Eva Bergman, Galleri Åkern, Kongsberg, Norway
- Gravure Norvégienne Contemporaine, Centre d’Art Moderne, Fondacao Calouste Gulbenkian, Lisbon, Portugal
- Das stille bild, Galerie Fritz-Winter-Haus, Ahlen, Germany
 
1985
- Les poètes, le livre et les plasticiens, Maison Billaud, Fontenay-Le-Comte, France
- Les années 50, Musée d'art contemporain, Dunkerque, France
- Sesjon 85, Kunstnernes Hus, Oslo, Norway
 
1984
- La part des femmes dans l'art contemporain, Galerie municipale, Vitry-sur-Seine, France
- Autour de Michel Ragon, Musée des Beaux-Arts, Nantes, France
- 2e Rencontre des artistes contemporains, Palais Croisette, Cannes, France
- Autour de Michel Ragon, Paris Art Center, Paris, France
- 5e salon de la création artistique, Musée de Brou, Bourg-en-Bresse, France
 
1982
- Museum und Galerie um Prediger, Schwäbisch-Gmünd, Germany
 
1981
- Galerie Du Castrum, Roussillon, France
- Epreuves d'artistes, Centre Culturel Municipal, Argenteuil, France
- La gravure dans tous ses états, Abbaye de Saint-Savin-sur-Gartempe, Saint-Savin-sur-Gartempe, France
- Présence contemporaine, Cloître Saint-Louis, Aix-en-Provence, France
 
1980
- Galerie Lucette Herzog, Aix en Provence, France
- Reflex 1980, Århus Kunstforening, Århus, Danemark
- Dessins de la Fondation Maeght, Fondation Maeght, Saint-Paul-de-Vence, France
- Centre culturel français, Rome, Italy
- Arte contemporânea da comunidade europeia, Museo de arte moderna, Rio de Janeiro, Brasil
- Images du Grand Nord, Château-Musée de Dieppe, Dieppe, France
- Présence Contemporaine, Cloître Saint-Louis, Aix-en-Provence, France
 
1979
- Salon de mai au Japon, Musée Municipal d'Art, Aomori, Japan
- L'atelier Lacourière-Frélaut ou 50 ans de gravure et d’imprimerie en taille-douce: 1929-1979, Musée d'Art Moderne de la -Ville de Paris, Paris, France
- Sixth British International Print Biennale, Lister Park Bradford, Cartwrigth Hall, Bradford, United Kingdom
- Vivante Tapisserie française, Grand Palais, Paris, France
- 13 biennale de gravure, Moderna Galerija, Ljublajana, Yougoslavia
- Graveurs de la Galerie, Galerie de France, Paris, France
- Présence contemporaine, École des Beaux-Arts, Aix-en-Provence, France
- Présence Contemporaine, Centre de l'olivier, Istres, France
- L'art vivant à Paris, Mairie Annexe du XVIIIe Arrondissement, Paris, France
 
1978
- L'estampe Aujourd'hui 1973-1978, Bibliothèque Nationale, Paris, France
- Sieben Graphiker aus Norwegen, Oldenburger Kunstverein, Oldenburg, Germany
- 34e Salon de mai, La Galerie Paris - La Défense, Paris, France
- Premier Salon de l’Union des Arts Plastiques, Maison Pablo Neruda, Arles, France
- La tapisserie et l'espace, Abbaye des Cordeliers, Châteauroux, France
- Acquisitions récentes, Musée d'art Moderne, Dunkerque, France
- 4 Norske Internasjonale Grafikk Biennale, Fredrikstad Bibliotek, Fredrikstad, Norway
- Tapisserie contemporaine, Centre Cyrano de Bergerac, Sannois, France
 
1977
- Hong Kong Arts Centre, Hong Kong, China
- 26 franske kunstnere, Århus Kunstforening - Nordjllands Kunstmuseum - Esbjerg Kunstpavillon - Svenborg Amts Kunstforening - Galerie Pesch, Århus, Aalborg, Esbjerg, Svenborg (Danemark) and Cologne
- Certitude de l'incertain, Lyrisme et paysagisme abstraits en France de 1945 à 1975, Musée Cantini, Marseille, France
- 22e Salon de Montrouge - Art contemporain : Peintures, sculptures, dessins - et Dali, Montrouge, France
- Les Salons du Cercle suédois - Les artistes suédois en France, Association artistique suédoise, Paris, France
- 12e Biennale de gravure, Moderna Galerija, Ljubljana, Yougoslavia
- Arte Fiera 77, Bologne, Italy
- IIème Biennale de la tapisserie française, Palais de Juan-Les-Pins, Antibes, France
- Les meubles tableaux, Galerie d'exposition Gouffé, Paris, France
 
1976
- 65 peintres et sculpteurs, Galerie Ariel et Jeanne Bucher, Paris, France
- Quand l'A.C.E.S. aide à rencontrer La Fontaine, Palais de l'Europe, Menton, France
- Gravures et sérigraphies d’artistes contemporains, Galerie Noella Gest, St Rémy de Provence, France
- Notre Provence - Vme Biennale, Grande Salle De La Mairie Annexe, Cannet-Rocheville, France
- 21e Salon de Montrouge - Art contemporain - Van Dongen, Montrouge, France
- Un village et l'art. Collection d'un amateur, Mairie de Roche, Roche, France
- Salon Comparaisons, Grand Palais, Paris, France
- 3 Norske Internasjonale Grafikk Biennale, Fredrikstad Bibliotek, Fredrikstad, Norway
- Itinéraire pour un amateur / L'atelier Lacourière et Frélaut : gravures anciennes et rares et nouvelles éditions, Galerie de France, Paris, France
- Collection F.C. Graindorge, Musée de l'art wallon, Liège, Belgium
 
1975-1976
- San Lazzaro et ses amis - Hommage au fondateur de XXe Siècle, Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, Paris, France
 
1975
- Exposition itinérante dans le cadre de l’année de la femme organisée par l’UNESCO, Saint-Céré, France
- 31e Salon de mai, Salles New-York, Paris, France
- 11 exposition internationale de gravure, Moderna Galerija, Ljubljana, Yougoslavia
- Sommerubstilling, Kunstnernes Hus, Oslo, Norway
- 1ère Biennale de la tapisserie française, Palais de l'Europe, Menton, France
- Exposition organisée avec le concours de la Galerie de France, Salles de la nouvelle mairie, La Baule, France
- Œuvres d'artistes femmes (Avec Marcelle Cahn, Peggy Goldstein, Renée Halern et Vera Pagava ..), Club Wizo, Paris, France
- Peintures et lithographies, Galerie Lucette Herzog, Orléans, France
 
1974
- XIII exposition UB, Universitetsbiblioteket I Oslo, Oslo, Norway
- Erker Treffen 2, Erker, St Gallen, Switzerland
- Donation Gildas Fardel, Musée des Beaux-Arts, Nantes, France
- Exposition de tapisseries, avec le concours du Mobilier National, Château d’Annecy, Annecy, France
- Ve Biennale Internationale de la Gravure, Pavillon d'Exposition, Krakow, Poland
- Micro-salon 1974 - grandes femmes - petits formats, Iris Clert-Christofle, chez Christofle, 12 rue Royale, Paris, France
- 2 Norske Internasjonale Grafikk Biennale, Fredrikstad Bibliotek, Fredrikstad, Norway
- I bienal Internacional de Obra Grafica y Arte Seriado, La Fundacion Enrique IV de Castilla, Ségovia, Spain
- Tapisseries contemporaines, Musée des Beaux-Arts, Agen, France
- Enchantement de l'eau- IVme Biennale, Grande salle de la Mairie Annexe, Cannet-Rocheville, France
- Accrochage d’automne, Galerie Noella Gest, Saint-Rémy de Provence, France
 
1973
- XII exposition UB, Universitetsbiblioteket I Oslo, Oslo, Norway
- Les prêts du mobilier national, Palais de la Gravelle, Besançon, France
- Tapisserie française, Musée d'art ukrainien, Kiev, Ukraine
- Collection Armand Brugnaud, Galerie Armand Brugnaud, Nevers, France
- Aspects de l'Art Contemporain, South African National Gallery, Cape Town, South Africa
- Exposition d’ouverture, Galerie Gilles Corbeil, Montréal, Canada
- 10e Biennale internationale de gravure, Moderna Galerija, Ljubljana, Yougoslavia
- Künstler der Galerie de France, Reiss-Museum, Manheim, Germany
- 6e Biennale Internationale de la tapisserie, Musée cantonal des Beaux-arts, Palais de Rumine, Lausanne, Switzerland
- Tapisseries contemporaines, Château de Culan, Culan, France
- Tapisseries modernes du mobilier national, Centre culturel des Prémontrés, Pont-à-Mousson, France
- La MALS à cinq ans, Maison des Arts et Loisirs, Sochaux, France
 
1972
- XI Exposition UB, Universitetsbiblioteket I Oslo, Oslo, Norway
- Paul Arma, Maison Le Corbusier, Firminy, France
- Salon Comparaisons, Grand Palais, Paris, France
- Bergman Haass et Theimer, Maison des Arts et Loisirs, Sochaux, France
- Christine Boumeester et ses amis, Galerie La Hune, Paris, France
- I Norske Internasjonale Grafikk Biennale 1972, Fredrikstad Bibliotek, Fredrikstad, Norway
 
1971
- Nordisk Grafik, Lunds Konsthall, Lund, Sweden
- 25 ans de peinture en France 1945-1970, Musée National d'Art Moderne, Seoul, South Korea
- X exposition UB, Universitetsbiblioteket I Oslo, Oslo, Norway
- Premio Internazionale Bielle per l'Incisione, Museo Civico, Biella, Italy
- Salon des Réalités nouvelles, Parc floral, Paris, France
- Ten norwegian artists, Walker Art Gallery et City Art Gallery, Liverpool and Manchester, United Kingdom
- 9 exposition internationale de gravure, Moderna Galerija, Ljubljana, Yougoslavia
 
1970-1971
- Hommage à Christian et Yvonne Zervos, Galeries Nationales du Grand Palais, Paris, France
 
1970
- IX Exposition UB, Universitetsbiblioteket I Oslo, Oslo, Norway
- IIe Expostion internationale de dessins originaux, Moderna Galerija Rijeka Yougoslavie, Rijeka, Croatia
- Ve Salon International de la femme, Casino municipal, Nice, France
- 10 Muvész Norvégiából, Mucsarnok Budapest, Budapest, Hungary
- Gravure - Sculpture – Peinture, la boulangerie, Poët Laval, France
- VIIIe Biennale de Peinture, Palais de L’Europe, Menton, France
 
1969
- VIII Exposition UB, Universitetsbiblioteket I Oslo, Oslo, Norway
- L'œil écoute, Palais des Papes, Avignon, France
- 8 exposition internationale de gravure, Moderna Galerija, Ljubljana, Yougoslavia
- L’art graphique du XXe siècle, Palais de l'Europe, Menton, France
- Norske Grafikere 50 års jubileumsutstilling, Kunstnernes Hus, Oslo, Norway
- Un choix d'œuvres de la collection du Centre National d'Art Contemporain, CNAC, Paris, France
 
1968
- L'Art Vivant 1965-1968, Fondation Maeght, Saint-Paul-de-Vence, France
- Wystawa Wspólczesnego Malarstwa Francuskiego, Krakow, Poland
- Peinture vivante, Maison de la culture, Nanterre, France
- VII Exposition UB, Universitetsbiblioteket I Oslo, Oslo, Norway
- 24e salon de mai, Musée d'Art Moderne de la ville de Paris, Paris, France
- I exposition internationale de dessins originaux, Moderna Galerija, Rijeka, Yougoslavia
- Savremeno francusko slikarstvo, Muzej savremene umetnosti Beograd, Belgrade, Serbia
- Septième Biennale de peinture, Palais de l'Europe, Menton, France
- Galerie de la Tour, Troyes, France
 
1967
- Peintres & Sculpteurs Actuels, Le Centre culturel Monsouris, Paris, France
- Dans les salles rénovées de la Galerie, œuvres récentes, Galerie de France, Paris, France
- Galerie Municipale, Esch sur Alzette, Luxembourg
- Dix ans d'art vivant 1955-1965, Fondation Maeght, Saint-Paul-de-Vence, France
- Spiegel Gold, Wolffscher Bau, Nuremberg, Germany
- Galleri F15, Alby Moss, Norway
- Artistes de la Galerie de France, Galerie Harmonie, Grenoble, France
- Arp, Anna-Eva Bergman, Hartung, Magnelli, Musée municipal, Saint-Paul-de-Vence, France
- Centre International Protestant Montsouris, Paris, France
- XXIIIe salon de mai, Musée d'Art Moderne de la ville de Paris, Paris, France
- VII exposition internationale de gravure, Moderna Galerija, Ljubljana, Yougoslavia
- Exposition internationale de gravures, The Vancouver Art Gallery, Vancouver, Canada
- Multiples, La fnac, Paris, France
- Premio Internazionale Biella per l'Incisione, Museo Civico, Biella, Italy
 
1965
- IV exposition UB, Universitetsbiblioteket I Oslo, Oslo, Norway
- VI Exposition Internationale de Gravure, Moderna Galerija, Ljubljana, Yougoslavia
- 6 Pariser Maler - Barbarigo, Bergman, Gischia, Hartung, Music, Pulga, Fränkische Galerie Nürnberg, Nuremberg, Germany
- 8 - Barbarigo, Bergman, Gischia, Hartung, Mitchell, Music, Pulga, Riopelle, Galleria Hausammann, Cortina d'Ampezzo, Italy
- Maîtres de la peinture contemporaine, Théâtre Municipal, Le Mans, France
- Maîtres de la peinture contemporaine, Musée, Saint-Etienne, France
- Soucasne Proudy svetove Grafiky, Galerie Umeni, Karlovy Vary, Czech Republic
- Poda Reni dela, 1965-1966 Musée d'Art Contemporain, Skopje, Republic of Macedonia
- Grafika Praga 66, 1966 Galerie Hollar, Prague, Czech Republic
- V exposition UB
- Die Edition Lacourière in der Galerie Heseler, Galerie Heseler, Munich, Germany
- Exposition Richard Wagner, Musée Galliera, Paris, France
 
1964
- Neue Galerie, Graz, Austria
- Hans Hartung, Anna-Eva Bergman, Terry Haass, Musée d'art moderne, Haifa, Israel
- L'aujourd'hui de demain, Palais Saint Vaast, Arras, France
- Old hundred, The Larry Aldrich Museum, Ridgefield, USA
- Atelier Lacourière, Maison Internationale de la cité Universitaire, Paris, France
- 47 ème Salon, Société des peintres graveurs français, Bibliothèque nationale, Galerie Mansart, Paris, France
- Lourdes 64, Galerie Creuze, Paris, France
- Dix ans des éditions Lacourière, Galerie La Hune, Paris, France
- Lourdes 64, Musée Notre-Dame, Lourdes, France
- Los pintores de la Galerie de France, Fundación Eugenio Mendoza, Caracas, Venezuela
- Erker presse - Orig. Grafik, Ribelgalerie, Alstätten, Switzerland
 
1963
- Farbige Graphik aus Paris, Atelier Lacourière, Kunstsalon Otto Fischer, Biefeld, Germany
- Grafica moderna, Accademia del Ceppo, Pistoia, Italy
- L'œil de bœuf, Galerie 7, Paris, France
- V Exposition internationale de gravure, Moderna Galerija, Ljubljana, Yougoslavia
- Festival du Parvis "théâtre et Présence de l'art", Tarbes, France
- Artisti di Parigi, Galeria Hausammann, Cortina d'Ampezzo, Italy
- Graphik 63, collection Albertina, Moderna Galerija, Ljubljana, Yougoslavia
- Naissance d'un art nouveau, Galerie Argos, Nantes, France
 
1962
- Norwegische graphik der gegenwart 1962, Bezirksamt Tiergarten von Berlin, Berlin, Germany
- La Galerie de France à Londres, Redfern Gallery, London, United Kingdom
- IVe salon de peinture, Lamalou-Les-Bains, France
- XIe Salon de l’Enclave, Château de Simiane, Valréas, France
- Preview 62/63, Lefebre Gallery, New York, USA
- Salon des Surindépendants, Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, Paris, France
 
1961
- IV Exposition Internationale de Gravure, Moderna Galerija, Ljubljana, Yougoslavia
- Studio Maywald, Paris, France
- Editions Lacourière 1951-1961, Galerie Gérard Cramer, Genève, Switzerland
- Summer Graphic Exhibition, Winttenborn and Company, New York, USA
 
1960
- La peinture française d'aujourd'hui, curated by Jacques Lassaigne, Musée de Tel-Aviv / Musée National "Bézalel" de Jérusalem / Musée d'Art Moderne de Haifa, Israel
- La gravure française, Italienne et suisse d'aujourd'hui nouvelles acquisitions automne 1960, Musée d'Art Moderne, Haïfa, Israel
- XVIe Salon de mai, Musée d'Art Moderne de la ville de Paris, Paris, France
- The 1960 International Biennial of Prints, Cincinnati Art Museum, Cincinnati, USA
- Gravures des éditions Lacourière, Galleria Vigna Nuova, Florence, Italy
- Galerie Herling Hagfelt, Copenhague, Danemark
- Gravures originales en taille douce des Editions Lacourière
 
1959
- XVe Salon de mai, Musée d'Art Moderne de la ville de Paris, Paris, France
- III. exposition internationale de gravure, Moderna Galerija, Ljubljana, Yougoslavia
- Pameran kolèsksi karja Pelukis-Pelukis Perantjis, Wisma Nusantara, Djarkarta, Indonesia
- II.Documenta, Museum Fridericianum, Kassel, Germany
- Galerie Arlet, Monte-Carlo, Monaco
- Terningen, Kunstnernes Hus, Oslo, Norway
- Six peintres de l'école de Paris, Galerie Kaare Berntsen, Oslo, Norway
- Estampes d'artistes contemporains, Librairie Galerie La Proue, Nantes, France
 
1958
- École de Paris 1958, Galerie Charpentier, Paris, France
 
1957
- International Woodcuts, Towner Art Gallery and Brighton Art Gallery, Eastbourne and Brighton, United Kingdom
- XIIIe Salon de Mai, Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, Paris, France
- 50 ans de peinture abstraite, Galerie Creuze, Paris, France
- X premio Lissone internazionale la pittura, Lissone, Italy
- Peintre d'aujourd'hui France – Italie, Palazzo delle Arti Parco del Valentino, Turin, Italy
 
1956-1957
- Prints from Twenty Nations, The american Federation of arts, New York, USA
 
1956
- First International Exhibition of Prints, Cincinnati Art Museum, Cincinnati, USA
- XIIe salon de mai, Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, Paris, France
- Salon des Réalités Nouvelles, Musée des Beaux-Arts, Paris, France
- Festival de l'art d’avant-garde, Cité Radieuse, Marseille, France
 
1955-1956
- Junge graphik aus Paris, Kestner-Gesellschaft, Hanovre, Germany
 
1955
- IX Premio Lissone, Lissone, Italy
- Franska Färggravyren, Galerie de Unga, Stockholm, Sweden
- XIe Salon de mai, Musée Municipal d'Art Moderne, Paris, France
- Divergence 3, Galerie Arnaud, Paris, France
- IIIème Biennale, Musée d'Art Moderne, Sao Paulo, Brasil
- I exposition internationale de gravure, Moderna Galerija, Ljubljana, Yougoslavia
 
1954
- Peintures, sculptures et gravures norvégiennes, Ludvika, Orsa et Säter, Sweden
- Xe salon de mai, Musée Municipal d'Art Moderne, Paris, France
- Statens 67. kunstutstilling 1954, Kunstnernes Hus, Oslo, Norway
- Grafikk fra Lacourière, Paris, Galleri Cappelen, Oslo, Norway
- Gravures de Lacourière, Galerie Valloton, Lausanne, Switzerland
 
1953
- IXe salon de mai, Palais de New-York, Paris, France
- Les ateliers Lacourière et La Hune, Galerie La Hune, Paris, France
- Statens 66. kunstutstilling 1953, Kunstnernes Hus, Oslo, Norway
 
1952
- Salon de mai, Paris, France
- Usignerte bilder, Kunstforeningen, Oslo, Norway
- Statens 65. kunstutstilling 1952, Kunstnernes Hus, Oslo, Norway
- Juleutstilling, Larvik Kunstforening, Larvik, Norway
 
1951
- Grand Hotell, Hønefoss, Norway
- Tegneforbundets ustilling, Kunstnerforeningen, Oslo, Norway
- Farris Bad, Larvik, Norway
- Statens 64. årlige kunstutstilling 1951, Kunstnernes Hus, Oslo, Norway
- Norsk Nutidskunst, Malerier, Skulptur, Tegninger, Grafikk, Liljevalchs Konsthall, Stockholm, Sweden
- Juleutstilling, Larvik Kunstforening, Larvik, Norway
 
1950
- Ung norsk kunst, Stockholm, Sweden
- Statens 63. årlige kunstutstilling 1950, Kunstnernes Hus, Oslo, Norway
- Juleutstilling, Unge Kunstneres Samfund (UKS), Oslo, Norway
 
1948
- Utstilling i Kunst for varer, Unge Kunstneres Samfund (UKS), Oslo, Norway
- Statens 61. årlige kunstutstilling 1948, Kunstnernes Hus, Oslo Norway

public collections

Bergen Kunstforening, Bergen, Norway
Bibliothèque nationale de France, Paris, France
Bombas Gens, Valencia, Spain
Carré d’art - Musée d’art contemporain, Nîmes, France
Centre national des arts plastiques, Paris, France
Finnmark Fylkeskommune, Norway
Fondation Maeght, Saint-Paul-de-Vence, France
Haugesund Kunstforening, Haugesund, Norway
Henie Onstad Kunstsenter, Høvikodden, Norway
Kistefos Museum (Sveaas Christen collection), Kistefos, Norway
Kristiansand, Isreal
Kunsthalle Nuremberg, Germany
Kunstsilo Nordic art museum (Tangen Nicolai collection), Norway
Larvik Kunstforening, Larvik, Norway
Lieu d’art et action contemporaine de Dunkerque, Dunkerque, France
Listasafn Islands, Reykjavik, Iceland
Ministère des affaires étrangères, Oslo, Norway
Mobilier national, Paris, France
Musée d’Art Moderne de Paris, Paris, France
Musée de l’Abbaye Sainte-Croix, Les Sables d’Olonne, France
Musée des Beaux-Arts de Caen, Caen, France
Musée du Dessin et de l’Estampe originale, Gravelines, France
Musée National d’art Moderne, Centre Pompidou, Paris, France
Musée Picasso, Antibes, France
Museo Civico, Turin, Italy
Museum of Modern Art, Rio de Janeiro, Brasil
Museum of Contemporary Art, Skopje, Macedonia
Nasjonalmuseet, Oslo, Norway
Nordnorsk Kunstmuseum, Tromsø, Norway
Samdani Art Foundation Dhaka, Bangladesh
Sparebankstiftelsen, Oslo, Norway
Stortinget, Oslo, Norway
Tel Aviv Museum of Art, Tel Aviv, Isreal
Universitetsbiblioteket i Oslo, Norway
Universität für angewandte Kunst Wien, Vienne, Austria
Utsmykkingsfondet for Nye Statsbygg, Oslo, Norway


 

Bergman, des ruines du monde à l'horizon nouveau, catalogue d'exposition du Musée des Beaux-Arts de Caen, 2019

par Thomas Schlesser, directeur de la Fondation Hartung-Bergman

Lacérée de frontières, l'Europe du XX° siècle a été celle de toutes les plaies. Et pour ceux qui décou­vriraient ici Anna-Eva Bergman, il faut peut-être commencer par se la figurer à contretemps de cette Histoire purulente. Car cette insaisissable artiste fut un être du passage continu, à travers le continent, et même la planète. Consulter à la Fondation Hartung-Bergman son passeport des années 1960 permet par exemple de voir un do­cument constellé d'encre de tampons du monde entier, jusqu'aux États-Unis. La chose n'est pas anecdotique. Anna-Eva Bergman fut en effet une grande voyageuse, à plus forte raison au regard de ce qu'était le destin type d'une femme née en Norvège en 1909. Certes, on exagérerait si on la présentait comme une peintre aventurière, à la façon d'un Rockwell Kent par exemple (qui avait lui aussi un tropisme nordique très prononcé), mais depuis son enfance la plus embryonnaire, la boussole de sa vie l'a conduite partout. Ce n'est pas un hasard si ses mémoires encore non publiées commencent par deux récits de passage d'un territoire à l'autre : le premier est délicieusement incongru, puisque la mère de la petite Anna-Eva, âgée de six mois, la transporte de la Suède à la Norvège empaquetée dans une corbeille à linge -plus tard, elle croquera la scène -tandis que le second relate un transit en bateau vers l'Angle­terre, lors duquel la fillette déplore la perte de son ours en peluche tombé à la mer. Un autre fait biographique d'apparence anodine s'avère profondément signifiant. En 1931, elle passa son permis de conduire en même temps que son mari Hans Hartung, ce qui, à l'époque, constituait une gageure et une exception sociale tant l'accès à l'automobile était parasité par les stéréotypes de genre. En 1929, en France, on ne comptait ainsi qu'un peu plus de 25 000 candidates au sésame pour la route et, quand Anna-Eva Bergman l'obtint, elle n'avait que 22 ans à peine, preuve que la mobilité est quasiment ontologique chez elle.

Au gré des événements, Anna-Eva Bergman a changé cinq fois de nationalité dans sa vie. Elle fut suédoise, norvégienne, allemande, à nouveau norvégienne, puis française. Et ces changements de nationalité ne disent encore rien de son vécu sur les îles britanniques, de ses études en Autriche à Vienne, à la prestigieuse Wiener Kunstgewerbeschule en 1928, rien de son quotidien en Espagne, aux îles Baléares, en 1933-1934, dont elle tira un livre, rien encore de ses mois pénibles passés en Ligurie en 1937. Quant aux langues, il suffit de lire certaines séquences de sa correspondance avec Hartung pour comprendre quelle joie elle avait de passer de l'une à l'autre, en cassant là encore, non sans humour, barrières et frontières. Enfin, si elle se lançait dans un projet de livre de cuisine comme elle le fit dans les années 1930, c'était là aussi pour offrir des « recettes du monde entier » et ouvrir une lucarne sur autrui, sur l'ailleurs.

Bergman n'a certes pas été une exploratrice, mais elle fut incontestablement une enquêtrice. Chacun de ses cheminements est l'occasion d'observations dont elle devait tirer jusqu'en 1952 de nombreuses illustrations, drôles et mordantes. Elle y puisa de surcroît jusqu'à la fin de sa vie des chroniques édifiantes, dont la tonalité enrichit et prolonge les qualités de dessinatrice qu'elle avait abandonnées au profit de son « art d'abstraire». Les voyages de 1950 et de 1964 en Norvège, au cœur de la présente exposition, n'échappent pas à la règle. C'est un vrai plaisir littéraire de l'entendre parler, dans les carnets qui accompagnent le premier périple, des groupes de bigots qui l'exaspèrent en entonnant sans cesse des chants religieux et de l'écouter, dans ses souvenirs de la seconde expédition, évo­quer tour à tour le soleil de minuit, l'acculturation forcée des Lapons et l'improbable déambulation du cirque Medrano, avec ses éléphants et ses lions, au fin fond de la ville de Bodø. Il y a chez Bergman un vrai regard sur le monde, un regard de journaliste au sens le plus noble du terme, une sorte de sens critique mâtiné de tendresse. Lectrice entre autres de Saint-Exupéry, de Stefan Zweig et surtout de Potocki dont le Manuscrit trouvé à Saragosse était son ouvrage de chevet, Bergman avait une grande inclination pour la littérature capable de sonder toutes les cultures, du centre et des marges. Et elle collectait abondamment la presse, compulsait la revue Planète dont elle possédait l'intégralité des numéros. Le spectre de sa curiosité semble vraiment sans limite.

Cette liberté n'était pas sans rançon. Quand elles sont acharnées, viscérales, les itinérances ne laissent jamais tout à fait indemnes; elles ont usé la santé de l'artiste, ont sans doute participé à certains sacrifices personnels et professionnels et, inévitablement, elles ont précipité des brèches sur les laideurs humaines. Il convient d'en dire un mot. Les deux voyages en Norvège de 1950 et 1964 sur lesquels se focalise la présente exposition furent l'un et l'autre cruciaux dans le parcours de Bergman.

Le formidable travail conduit par Emmanuelle Delapierre, Christine Lamothe et Céline Flécheux permet de comprendre, dans leurs moindres détails, les soubresauts perceptifs que ces expéditions nordiques soulevèrent et l'incidence esthétique de ces sensations de nature. ll n'est pas question ici de défricher insolemment leur énorme chantier. Nous voudrions simplement, en guise de complément, faire honneur à un autre voyage, légèrement postérieur à celui de 1950. Anna-Eva Bergman se rendit en effet en Allemagne début 1952 afin d'y rencontrer des artistes, avec l'aide d'un compagnon insigne, le critique et historien Will Grohmann, puis d'envoyer le récit de son parcours à Morgenbladet, grand titre de presse norvégien. En mai, parurent ainsi des « fragments d'art et de culture» signés de son nom. Fragment? C'était un terme que Bergman avait déjà employé en 1951 après son séjour à Citadelløya. Fragment d'une île en Norvège désignait en effet une série de peintures et de dessins aiguillée par les phénomènes de corrosion minérale sous l'effet de l'eau et du vent. Quelques mois plus tard, dans un tout autre contexte, ce terme réapparaissait donc, et s'avérait particulièrement approprié ... Le nazisme vaincu avait laissé place à un pays scindé par la défaite; un pays gangréné par la culpabilité et quelques résidus nostalgiques d'impérialisme aussi; et puis, plus que tout, un pays écroulé sur lui-même, ne respirant dans les décombres que la poussière et la misère. C'est cette impression-là qui a frappé Bergman : un pays de ruines. Elle les dessinera tragiquement, notamment Budapester Strasse réduite alors à des lambeaux de façade flottante et crénelée par les bombes -une voie qui étale aujourd' hui sur 1 km une modernité rutilante.

Ces ruines, sa plume les invoquera, en jouxtant leurs fantômes d'une touche d'espoir, quoique maigre : « Lankwitz [quartier de Berlin]. ruines et encore ruines -de temps à autre lumière provenant d'une cave. Une villa habitable réutilisée. De ma fenêtre, je ne vois que des ruines aux alentours. » Bergman s'interroge lors de ce voyage sur les ressorts potentiels d'un redressement de l'Alle­magne. Empathique, elle se lamente au diapason des peintres à qui elle rend visite et qui ont pour certains tout perdu, à l'instar de Karl Hofer dont la Gestapo avait censuré et détruit la production et qui, vieux, pétrifié de chagrin, cherchait à refaire d'anciennes œuvres de mémoire.

Mais surtout, Bergman rattacha étonnamment ce voyage parmi les délabrements d'un conflit encore récent à la Norvège, ce qui ne laisse pas de surprendre. Que dit-elle exactement ? Au fil des carnets où elle consigne ses intuitions, elle parle soudainement, le 27 février 1952, d' « associations macabres » et on peut donc supposer qu'elle opère un glissement psychique, une sorte de condensation si l'on veut. Elle explique alors sous forme de notes : « Commencement archaïque (Norvège)!/ ruines - Berlin -Allemagne donnent un pressentiment d'une nouvelle ère archaïque» puis elle imagine le retour à un « nirvana» des premiers temps.

Dans cet apparentement des vestiges de la guerre d'un côté et des structures minérales, des escarpe­ments séculaires du Finnmark de l'autre, se mêlent déclinisme - la civilisation s'éteint, périclite -et foi en une renaissance portée par une énergie primor­diale, tellurique, dont sa peinture va se montrer l'agent. ll n'est pas impossible que cette « associa­tion macabre», sans que Bergman ne la présente ainsi ni ne fasse de rapprochements explicites entre les deux expériences, ait également été encou­ragée chez elle par une constatation commune, en Norvège et en Allemagne, du désœuvrement similaire des populations devant les reconstructions nécessaires pour avoir une maison. En 1950, elle avait été abasourdie et exaspérée par le traitement colonial et méprisant réservé aux Lapons, dont l'habitat avait été ravagé lors des campagnes pour le contrôle des mines de nickel entre Finlandais et nazis à la fin du conflit mondial, exactement comme elle est heurtée en 1952 par l'errance des Berlinois parmi les gravats. Quoi qu'il en soit, de­vant la transformation tragique de la technologie militaire en état quasi-archaïque, rudimentaire, Bergman apporte une réponse artistique. Je ne dis pas ici que ce sentiment de l'Histoire soit la seule motivation à son « art d'abstraire » qui avait déjà germé en amont, mais je pense qu'on peut capter là un facteur primordial et sous-estimé. Un peu à la façon, d'ailleurs, de Barnett Newman à la même époque-artiste que Bergman devait d'ailleurs ren­contrer et apprécier lors d'une visite en 1969 d'une de ses expositions chez Knoedler and Company à New York. On sait que le peintre américain a cheminé vers l'abstraction pour quantités de raisons différentes, dont certaines relevaient d'une évolution formelle intrinsèque. Cependant, Barnett Newman eut également une déclaration célèbre sur son « retour à zéro » : « Il y a eu la guerre et Pearl Harbor et la Bataille d'Angleterre [ ... ]. Ce que cela a signifié pour moi, c'est qu'il me fallait repartir à zéro, comme si la peinture n'avait jamais existé, ce qui est une façon particulière de dire quel a peinture était morte. [ ... ] Les vieux trucs étaient dépassés. Ils n'avaient plus de sens. Ils n'avaient plus aucun impact dans cette situation de crise morale. » Si l'on accepte, dans le cas de Bergman, l'hypothèse que la guerre et ses désastres fussent pour elle aussi une « crise morale » remettant en question toute pratique culturelle et artistique, alors I' « association macabre » qu'elle opère entre le spectacle des ruines de l'Allemagne en 1952 et I' «archaïsme» des struc­tures naturelles de la Norvège un an plus tôt - une association du pire et du zéro-, prend tout son sens.

En outre, l'examen du vocabulaire des formes et de leurs appellations dans les années qui suivent 1952 rappelle en bien des occurrences que les trauma­tismes d'un conflit sanglant n'étaient jamais bien loin. Le développement de thèmes qu'elle baptise « stèles », « formes agressives» et« saccadées», ou encore «tombeaux», sans réduire Bergman à l'expres­sion d'un drame, témoigne au moins d'un inconscient, et plus vraisemblablement d'une conscience, intimement travaillés par les ruines du monde.

Préciser cela, c'est aussi se prémunir contre une tentation. L'histoire de l'art récente, dans ses composantes les plus réputées et les plus pointues, s'attèle en ce moment même à la réhabilitation des notions de « décoratif », d’« ornemental » qui, il est vrai, avaient été l'objet d'une disgrâce facile, cruelle et bien trop longue. Récemment, on a vu par exemple réapparaître le mouvement américain des années 1980 « Pattern & Decoration » au cœur des très affûtés et prescripteurs MAMCO de Genève et Consortium à Dijon ; des artistes comme Valerie Jaudon ou Cynthia Carlson, passées par un long pur­gatoire, sont revenues par ce biais sur le devant de la scène, de manière très convaincante d'ailleurs. Chez Anna-Eva Bergman, il y a assurément une dimension décorative et ornementale, dont est exemplaire l'usage des feuilles de métal, a fortiori quand elles ne sont plus lissées mais quadrillent la surface à la façon d'un pattern. La tentation est dès lors assez claire: inscrire Bergman dans ces mouvances-là, qui vont bénéficier dans les temps à venir d'un regain de légitimité énorme et déjà bien enclenché. Ce serait oublier d'où vient l'artiste et, tout simplement sa date de naissance : 1909. Bergman a connu une Europe morcelée et deux guerres mondiales, l'une comme petite fille, l'autre comme adulte engagée et a par­couru longuement, assidûment son continent avant d'en venir à son « art d'abstraire » qui - on insiste - relève comme chez Barnett Newman d'un « retour à zéro » face à une« situation de crise morale», et pas seulement d'une évolution esthétique immanente. Il ne faudrait cependant pas non plus outrer la gravité des œuvres de Bergman dont l'aspect luminescent, éthéré et propice à la contemplation, voire à la mé­ditation, demeure une caractéristique essentielle. Là encore, les voyages ont joué leur part. On doit notamment renvoyer ici à une exposition presque en miroir de celle de Caen : « Anna-Eva Bergman - du Nord au Sud, Rythmes » qui revenait en détail sur les liens de l'artiste avec les atmosphères méditer­ranéennes de l' Espagne'. C'est en Espagne plutôt qu'en Norvège que naît dans sa peinture le thème de I' « horizon » et sa première apparition a lieu en 1962. Un an plus tard, Bergman réalise la lithogra­phie d'un « Finnmark », très proche formellement des « horizons » et qui précède donc de quelques mois l'excursion qu'elle prépare avec Hartung, lors de l'été 1964. Ce « Finnmark » est par conséquent une projection, une promesse, davantage que la fixation d'une chose vue. Elle exécute cet archétype ultra-simplifié et intuitif de l'extrême-Nord de la Norvège comme une espèce d'appel, comme une « invitation au voyage » si l'on veut citer Baudelaire, qu'elle se formule à elle-même mais qu'elle adresse également à toutes et tous.

On sait que la peinture de Bergman exhorte le public à une certaine mobilité du corps devant la toile, car de légers déplacements donnent vie au tableau, favorisent les subtils nitescences et chatoiements générés par les feuilles d'or et d'argent et les gla­cis. Mais, au fond, la peinture de Bergman est une exhortation beaucoup plus ample à la mobilité ; elle agit comme un appel permanent et s'avère en ce sens digne de la célèbre prescription de Cézanne : « Il faut aller au Louvre par la nature et revenir à la nature par le Louvre » Ce n'est pas dans ce pas­sage du musée au monde et du monde au musée qu'il y aura la réponse aux folies de l'Humain ni aux drames de l'Histoire, certes. C'est en revanche l'un des plus sûrs moyens de se réconcilier avec les beautés de l'univers, par-delà toute frontière.

 


1950, premier voyage - Le temps de la conjuration

par Emmanuelle Delapierre

Du 24 juin au 8 juillet 1950, Anna-Eva Bergman séjourne à bord du Brand V, un express côtier qui, partant de Bergen l'emmène le long de la côte du Finnmark, des îles Lofoten jusqu'au cap Nord. Au cours de ce voyage solitaire, l'artiste s'imprègne des paysages saisissants qui s'offrent à elle et livre chaque jour dans son journal ses observations et impressions. Les sites naturels l'enchantent : la montagne de Torghatten, le détroit de Ris0, les îles Lofoten, le fjord de Troms0 et, 500 kilomètres plus loin, la « corne agressive » du cap Nord sur laquelle le bateau échoue à accoster. Le soleil de minuit accompagne ce long périple, nimbant les paysages d'un puissant sentiment de magie. Les villes lui paraissent quant à elles souvent laides et sinistres, marquées par la guerre. La région du

Finnmark traversée en camion, en particulier, n'est qu'un vaste désert hérissé de décombres. Le récit de Bergman est mordant, souvent, cruel, parfois, lucide, toujours. Il révèle son humour acéré et sa force vive de caractère.

« Fin du voyage. » Si le carnet de bord se clôt sur cette annotation lapidaire, les œuvres produites en 1950 et 1951 montrent que le voyage se poursuit pourtant, cheminant et travaillant en elle à l'instar d'une lente déflagration. Mais, à l'inverse, le désir du départ ne révèle-t-il pas un état premier ? Anna- Eva Bergman aurait-elle pu se livrer à cet effort particulier de vision sans une certaine disponibilité de l'être ? La mutation était d'ores et déjà engagée : absorbée jusque 1944 dans ses travaux d'illustration, elle avait repris la peinture en 1946 et abandonné la voie de la figuration à la fin de l'année 1948. L'écriture et la peinture allant de pair, le projet esthétique d'Anna-Eva Bergman se précise au fil de ses carnets. « Nous en avons fini avec le temps de la matière morte » affirme-elle le 17 octobre 1946. « Tout doit irradier la lumière - la force - la vie. » Avant d'énoncer le 11 novembre, en quelques mots, le viatique de toute une vie d'artiste : « créer une nouvelle nature dans le tableau. » Quatre ans et un voyage plus tard, les œuvres sont là qui cherchent à atteindre cette visée. Les peintures à la tempera sur papier ou sur bois datées de 1950 et 1951 dessinent un moment de cristallisation particulier (œuvres exposées 1, p. 22 à 44). Adoptant une technique ancienne héritée des icônes byzantines l'artiste s'efforce de ressaisir ce qu'elle a perçu dans l'immensité du Grand Nord : une qualité d'étendue, de transparence, de lumière et de silence que traduisent les larges coups de pinceaux étirant la matière aqueuse. L'espace est traversé, structuré en même temps que contrarié par des lignes apparaissant comme autant de manifestations d'une émergence, de quelque tension fondamentale et souterraine. Le dessin ouvre de grandes traversées, crée des assises ou imprime des parcours entêtés, mécaniques, à la manière d'engrenages en mou­vement. Quelques diagonales esquissent çà et là des triangles emboités. Inscriptions claires sur aplat de noir, elles recréent cet effet de rythme qu'induit la perception d'une structure dans sa répétition (illustration infra, légende p. 24).

Comment ne pas voir dans ces premières compo­sitions une cartographie de déplacements, la main déployant en de longs itinéraires et menus zigzags un ensemble de bifurcations dans lesquelles il serait tentant de reconnaître, avec Gilles Deleuze, le mou­vement ayant présidé à la création du monde ? Au sein de ce « commencement archaïque », certains signes demeurent lisibles : la rotondité du soleil de minuit (p. 24, 26, 29), les indentations des rochers (p. 37), la courbure de l'eau que le ciel épouse (p. 34, 35). Ils ne constituent pas pour autant des référents préalables, des éléments d'indexation du réel. L'artiste en avait eu l'intuition immédiate : « Les montagnes semblent transparentes, plus rien n'a d'épaisseur. Tout est comme une vision d'avenir, une possibilité encore pas réalisée. Si l'on veut peindre cela il faut trouver l'expression qui suggère l'atmosphère, l'effet des couleurs. En aucune façon naturaliste. Il faut tout réviser car toute matérialité le gâcherait. » Composés et composites, ses petits paysages mettent en scène le chaos et la lumière, le rythme d'un mou­vement profond, invisible, et le poids des masses immuables. Ils sont doués d'une forme de pulsation fondamentale, d'une plasticité magique qui n'est autre qu'une tentative pour accorder des singu­larités disparates. Recevoir la révélation contenue dans ces paysages de Norvège suppose une résistance à la sidération. Au cœur du chaos naît une trouée de lumière qui est, aussi, aveuglement (p. 26) : gare à ce que l'éblouissement ne soit pas source de cécité. Comment être en capacité, non pas de représenter ou de signifier, mais de voir ? Sans doute les pre­mières peintures de l'année 1950 traduisent-elles une forme de tâtonnement expérimental dans le tracé du dessin, qui n'a d'égal que la difficulté de l'œil à se poser et à proposer une synthèse. Comment donner une consistance et une cohésion

à ces espaces infinis qui se découvrent à elle? Bergman trouve une réponse dans l'utilisation de la ligne : « La ligne est le squelette indispensable de la peinture. Mais pourquoi, mon Dieu, faut-il que la ligne soit utilisée à dessiner des contours ? Le rythme n'est-il pas bien plus important ? Il n'y a pas de contours, il y a seulement des passages d'une chose à une autre, de la lumière à l'obscurité, d'une couleur à une autre. Les contours sont des limitations. Il existe un monde sans limitations, et une peinture est un monde en soi sans autre limite que l'extérieur de son cadre6. » D'abord marquée par une géométrisation qu'un mouvement tectonique travaillerait en profondeur, sous la surface (p. 28), la ligne s'assouplit, devient englobante, organique (illustration infra, légende p. 42). Comme le rappelle Christine Lamothe dans la chronologie qui clôt le présent ouvrage, les études des rochers patinés par la mer à Citadell0ya en 1949, 1950 et 1951 sont déterminantes au regard de cette évolution. L'effet optique s'enrichit d'une dimension tactile. Les sites et les objets naturels auxquels l'artiste s'attache sont autant d'événements, de phénomènes tendus du monde ; ils constituent moins des motifs ou des éléments d'un vocabulaire à assembler que des visions constituées et structurantes que l'acte de peindre permet d'actualiser.

Si elle n'a pas encore pleinement trouvé la forme picturale qui sera à la hauteur de ces apparitions de nature, Anna-Eva Bergman n'en a pas moins ouvert la recherche qui sera la sienne tout au long de sa vie. Ses carnets esthétiques le confirment : le temps des intuitions a fait place à l'énonciation de choix conscients. C'est un autre choc décisif que l'artiste évoque cependant pour expliquer la mutation qui est à l'œuvre en elle dès 1946. Cette année-là, sa mère Bao lui rapporte de Paris un carton empli de dessins et d'aquarelles réalisés plus de huit ans plus tôt, du temps de sa vie commune avec Hans Hartung7• Anna-Eva Bergman décrit une véritable « explosion ». « Je revoyais mes vieilles choses après tant d'années et je voyais ce que je faisais à présent. Je ne peux pas te décrire tout ce que j'ai pensé et compris à ce moment-là», confie-t-elle à Hartung. Le 23 mai 1950, elle lui écrit encore:« J'ai recommencé à peindre - et si mal! Tu ne peux pas t'imaginer! Ça m'a pris deux ans pour me défaire de mes vieilles habitudes d'illustratrice. Puis je suis arrivée au niveau zéro. Ensuite il m'a fallu encore deux ans pour retrouver le niveau où j'en étais quand je t'ai quitté, et cet hiver-ci encore pour parvenir à une certaine indépendance » La voie de cette nouvelle indépendance épouse celle d'une conjuration de toute forme de création figurative. Anna-Eva Bergman tourne le dos à ses œuvres antérieures, allant jusqu'à renier l'ensemble de son travail d'illustration et de caricature. L'exigence qui l'anime désormais est de ne pas représenter, de ne plus faire récit, ni de soi ni du monde. Seule compte la puissance de voir, en laquelle elle puise la puissance de se mouvoir. Quittant la Norvège, elle part à Berlin puis à Paris, où elle retrouve Hans Hartung en 1952.

1964, retour au cap Nord. La mise en regard des œuvres nées dans le sillage du premier voyage et des grands tableaux des années 1965 à 1969 révèle un écart agissant, la trace d'un travail. L'aventure de Bergman pour échapper au figuratif se poursuit et s'éclaire. Là où les premières compositions de 1950 peuvent s'apparenter à une mosaïque de signes, les toiles postérieures portent une vision unitaire et dynamique proprement holistique. Seul le tout du paysage compte. Toute sidération vaincue, Anna-Eva Bergman atteint cet état d'attention évoqué par Paul Valéry : « les images ou formules qui se succèdent n'ont entre elles qu'une liaison ... purement ... linéaire. Elles n'ont entre elles qu'une seule relation, qui est de se succéder ou substituer. Mais si une connexion plus riche tend à se produire entre ces termes, alors il faut changer d'état ... et nous entrons dans le monde de l'attention. » Qu'est-ce que les paysages du cap Nord représentent si ce n'est l'incarnation en un lieu de ce monde de l'attention auquel on accède par une disponibilité particulière de l'être ? Ce changement d'état se révèle en Bergman dès avant son retour au cap Nord en 1964. L'artiste convoque la vision de la lande nue du Finnmark en quelques biffures de stylo bille rehaussées de pastel en 1963, et en propose une autre déclinaison, lithographiée cette fois, qui se confond avec ses premières recherches sur l'horizon (p. 56). Ces œuvres, comme l'estampe intitulée L9-1963 Cap Nord, ne sauraient être considérées comme des tentatives pour rappeler à elle un souvenir. La vision est bien là, toujours actuelle, inentamée.

Le voyage de 1964 constitue une expérience de partage. Anna-Eva veut montrer à Hans Hartung la puissance de ces paysages, la magie ensorcelante des jours ininterrompus du mois de juin. Mais il est aussi l'instrument réfléchi, méthodique, de cette impulsion suivie née en 1950 et qui perdure comme une note tenue. Il ne réactive pas tant le souvenir d'une vision initiale et fondatrice, dans un mouve­ment d'amplification, qu'il ne permet de transmuer en la structurant une forme de rémanence. Bergman assemble de manière très consciente un matériau qui lui servira sa vie durant, Hartung et elle prenant ensemble près de mille clichés : l'objectif premier de l'expédition est vraisemblablement celui-là. Un ensemble de dessins, peintures et photographies révèle la fécondité de ces images rapportées et l'intelligence du travail qu'elles étayent (œuvres exposées 2, p. 54 à 67). La vue du Finnmark Minox 37-24 sert de point de départ à de minutieuses études dans lesquelles l'encre noire traduit les contrastes mouvants de cette lande partiellement prise dans la neige, animée d'un lent dégel (p. 58). La recherche d'un rythme mobile caractérise également les croquis de falaises rocheuses nés dans l'observation de la photographie Minox 35-14, laquelle inspirera encore, treize ans plus tard, un dessin à l'encre de Chine, puissante démonstration de cet art d'abstraire les formes, de les décanter jusqu'à une épure élémentaire (p. 60). Et que dire de ces trois silhouettes de montagne tracées d'un geste sûr semblant fendre l'atmosphère transpa­rente (illustration infra, légende p. 67), ou de la série des mini-peintures initiée en 1978 (p. 128 à 139) ? Ce qui se donne à voir dans une économie de moyens délibérée est la fulgurance construite d'une capture, dans un double mouvement de saisie et de réactivation, d'extraction et de cristallisation. Annie Claustres a merveilleusement évoqué ce double mouvement à l'œuvre dans les tableaux d'Anna-Eva Bergman, cette beauté qui comme un masque « tout à la fois attire et tient à distance», met en présence et dérobe à la vue. Dans N°61-1966 Falaise et fjord, l'artiste suggère la présence du fjord d'une simple bande horizontale en partie basse, tandis que la falaise apparaît dans l'entre­deux des plans qu'elle suscite, condensant en elle seule le sentiment de l'espace, sa verticalité, sa profondeur (p. 89). Elle parvient à conjuguer l'émergence d'un fait proprement pictural - cette forme dressée dans une frontalité radicale, dans une dimension quasi performative - à la vibration d'une surface picturale vivante - obtenue par l'ap­prentissage de la lenteur. Elle invite à une hauteur de vue autant qu'au déplacement. L'emploi des feuilles de métal, qu'elles affleurent avec éclat ou laissent sourdre une lumière dans la profondeur des couches de peinture qui l'enserrent, contribue encore à troubler « la saisie visuelle de l'image ». À la surface de la toile, un monde prend forme en même temps qu'il résiste, le voilà qui s'avance et s'enfuit, prend corps et s'extrait. Plus qu'ils n'en revêtiraient l'une des formes possibles, la falaise et le fjord apparaissent comme une figure du monde. Plutôt que formes pures, obtenues par abstraction, ils dessinent une pure figure, advenue dans un mouvement d'isolation et d'extraction.

Le tableau intitulé N°2-1968 fjord (illustration ci-contre, légende p. 95), comme le Cap rouge peint près de dix ans plus tard (p. 123), témoignent de cette voie médiane ouverte par Anna-Eva Bergman dans un mouvement de réfutation et de l'art figuratif et de l'abstraction comme code. Ce qui naît dans la rencontre avec un paysage perçu comme espace préalable et extérieur de désignation – en cela violemment étranger à toute logique mimétique en même temps qu'irréductible au langage t au concept -, est une beauté figurale. L'artiste ne représente pas un paysage, ne le réduit pas à un signe pour autant : elle lui donne figure, le désigne, le manifeste, l'actualise en une extériorité spatiale. Si elle puise régulièrement à la source des photographies du cap Nord, elle choisit également, du moins dans un premier temps, de recourir au nombre d'or. Céline Flécheux démontre un peu plus loin à quel point la section d'or impose une structure à la chose vue, la faisant basculer dans l'ordre de la figure. La confrontation des photographies, des croquis, des études et des tableaux, des grands formats et des mini-peintures, révèle une agilité combinatoire étonnante. Ces passages soulignent l'énergie à inscrire l'œuvre dans l'entre-deux de la forme sensible et de la forme idéale, l'aspect extérieur des choses et leur modèle abstrait. Lors de son premier voyage au cap Nord, l'artiste avait dû cohabiter avec une cohorte de femmes occupées à prier tout le jour, aveugles à ce qui les entourait. Leur compagnie lui fut vite insupportable. Les meilleurs moments qu'elle vécut furent eux qu'elle passa seule sur le pont du bateau, des heures durant, face à un monde soudain désert, dénué de toute présence humaine. Figures non figuratives, ses œuvres révèlent des paysages « d'avant l'homme en l'absence d'homme ». Le changement d'état permettant d'entrer dans le monde de l'at­tention tel qu'évoqué par Paul Valéry supposerait par conséquent l'accession à un point de vue radicalement nouveau, libéré de toute perspective humaine. Anna-Eva Bergman exprime-t-elle autre chose lorsqu'elle écrit que « le véritable chemin qui mène au grand, au véritable, à l'art éternel, c'est la renonciation de soi » ? « Ce n'est pas moi qui peins mais une force», prévient-elle encore. La présence de l'artiste au monde importe moins que la présence du monde en elle et sans elle. Chair du monde et chair du corps s'échangent nous rappellent Gilles Deleuze et Félix Guattari : « La question de savoir si la chair est adéquate à l'art peut s'énoncer ainsi : est-elle capable de porter le percept et l'affect, de constituer l'être de la sensation, ou bien n'est-ce pas elle qui doit être portée, et passer dans d'autres puissances de vie ? » Trop fragile est la mémoire du vécu, trop ténus ces souvenirs aux cadres d'horizons du Voyage de Baudelaire. Anna-Eva Bergman l'a bien compris. Elle passe résolument dans une autre puissance de vie, ce corps immense, inorganique et cosmique qui est oubli de soi.