Born in 1986 in Brest, France
Lives and works in Paris, France

Jean-Marie APPRIOU

C’est avec une remarquable technicité que Jean-Marie Appriou (né en 1986) s’empare des matériaux de la sculpture – aluminium, bronze, verre, argile, cire – pour projeter des mondes fantastiques peuplés de figures humaines, animales ou végétales. Ses œuvres souvent imposantes maintiennent néanmoins, par leur échelle savamment construite, un rapport familier avec le spectateur, comme pour mieux dicter leur inquiétante étrangeté.

Son univers plastique, profondément onirique, est empreint de préoccupations telluriques, traitées sous une perspective originale : celle du légendaire. Chevaux, serpents, criquets, requins ou hippocampes composent un bestiaire chargé d’une symbolique puissante.

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education

2010
École régionale des Beaux-Arts, Rennes, France

solo shows

2025
- La cinquième essence, MO.CO. - La Panacée, Montpellier, France
- Cosmic Clock, Tank Shanghai, China 

2024
- Exonaut Horizon, Perrotin, Paris, France
- Whale Song, Central Wharf Park, Boston, USA

2023
- La constellation du Louvre, Musée du Louvre, Centre Dominique-Vivant Denon, Paris, France
- Gemini, Galerie Eva Presenhuber, Vienna
- Magnetic, Massimo de Carlo, Hong Kong

2022
- Liquid metal dream, Perrotin Shanghai, China
- Flamingo Soup, Clearing, Los Angeles, USA
- Ophelia, Massimo de Carlo, London, UK
- Un Odissea, ArtClub, Villa Medicis, Rome, Italy

2021
- Les Soleils de Lucy, Jan Kaps, Cologne, Germany
- Event Horizon, Kaikai Kiki Gallery, Tokyo, Japan
- Surface Horizon, Lafayette Anticipations, Paris, France
- Fire On The Sea, Galerie Eva Presenhuber, Zürich, Switzerland

2020
- Very rich hours, Clearing New York, Brooklyn, USA

2019
- Seabed, Le Consortium, Dijon, France
- The Horses, (organized by Public Art Fund), Doris C. Freedman Plaza, Central Park, New York, USA

2018
- November, Galerie Eva Presenhuber, Zurich, Switzerland
- Griffe, langue, rose et écailles, Clearing, Brussels, Belgium
- Open Space # 1, (Curated by Ludovic Delalande & Claire Staebler), Fondation Louis Vuitton, Paris, France

2017
- Abalon, Clearing, New York, USA
- Harvest, Jan Kaps, Cologne, Germany

2016
- Raspberry Rising, Clearing, Brussels, Belgium

2015
- Salt Crystals, Jan Kaps, Cologne, Germany

2014
- Sonde D’arc-en-taupe, Palais de Tokyo, Paris, France
- Juillet, Sculpture D’extérieur, Vent of Forêts, Fresnes-au-Mont, France

2013
- Moyen Âge, Ecole Municipale of the Beaux Arts, Gallery Edouard Manet, Gennevilliers, France
- Keymousse Éditions, Vitrine, Brussels, Belgium

2012
- Ginger Succubes, Vitrine, Air De Paris, Paris, France
- Kinkyramyk, Piacé-le-radieux, Bézar-le Corbusier, Piacé, France

group shows

2025
- Amsterdam Sculpture Biennale, ARTZUID, Amsterdam, Netherlands
- Last Night I Dreamt of Manderley, Alison Jacques Gallery, London, UK
- Old Vessels, New Spirits, MASSIMODECARLO, Milano, Italy
- The Air is Subtle, Yet it Moves, AMA House, Athens, Greece

2024
- Van Gogh et les étoiles, Fondation Van Gogh, Arles, France
- White sea olive groves, Malta Biennial, Malta
- The Persistence of a Present Past, curated by Jesi Khadivi, SOCIETE, Berlin, Germany
- Faire corps, Fondation Villa Datris, Isle-sur-la-Sorgue, France
- Sous l'Azur, Art Explora Festival, boat travelling the Mediteranean Sea
- Eccentric. The Aesthetics of Freedom, Pinakothek der Moderne München, Munich, Germany
- Forever is Now 04, Art D'Egypte, Giza Pyramids, Egypt

2023
- Nocturnal Ballads, Perrotin Shanghai, China
- Au hasard des oiseaux, Biennale de Saint-Paul de Vence, Saint-Paul de Vence, France
- Prospettive/Perspectives, Langhe Monferrato Roergo, Piedmont, Italy
- Galerie Eva Presenhuber X Taxa Seoul, South Korea
- MAIDEN VOYAGE, C L E A R I N G, New York, USA
- Philara Foundation, Düsseldorf, Germany
- Sammlung Boros, Berlin, Germany
- Prospettive/Perspectives, Langhe Monferrato Roergo, Piedmont, Italy
- Tie To All The Earth, Teagan Art Space, Beijing, China
- French Delights, Bodrum Loft, Bodrum, Turkey
- 7th Jing'an International Sculpture Project, Shanghai, China
- Chicago Architecture Biennial, Chicago Culture Center, Chicago, USA
- Printed Matters, Consortium Museum, Dijon, France

2022
- Les Portes du possible. Art & science-fiction, Centre Pompidou-Metz, Metz, France
- Earthing, Galerie Eva Presenhuber, Waldmannstrasse, Zurich, Switzerland

2021
- La Bohème, Alfonso Artiaco, Naples, Italy
- ArtZuid, Amsterdam Sculpture Biennale, Amsterdam, Netherlands
- Often Vary Never Change, Clearing, New York, USA
- Souffler de son Souffle, Fondation Vincent Van Gogh, Arles, France
- Bijoux, Fitzpatrick Gallery, Paris, France
- La Dame à la licorne, médiévale et si contemporaine, Les Abattoirs, Toulouse, France
- The Dreamers, 58th October Salon, Belgrade Biennial, Belgrade, Serbia
- Portraiture One Century Apart, Massimo De Carlo, Milan, Italy
- I've Seen Things You People Would'nt Believe, FRAC Corsica, Corse, France
- Jean-Marie Appriou, Sam Falls, Shara Hughes, Galerie Eva Presenhuber & Galerie 75, Paris, France
- Grand Ménage, Clearing, Paris, France
- Superamas, Clearing, Brussels, Belgium
- The Imaginary Sea, Fondation Carmignac, Ile de Porquerolles, Hyères, France

2020
- Anima Mundi, Abbaye Saint-Victor, Marseille, France
- Possédé·e·s - Deviance, Performance, Resistance. MO.CO. Panacée, Montpellier, France
- Dream Baby Dream, Haus Mödrath - Räume für Kunst, Kerpen, Germany

2019
- Là où les eaux se mêlent, La biennale de Lyon, Lyon, France
- Les Chemins du Sud, Musée régional d'art contemporain Occitanie, Sérignan, France
- Bêtes de Scène, Fondation Villa Datris, L’Isle-sur-la-Sorgue, France
- Parfum d’épines, Phillips X Vo Curations, Paris, France
- Cicatrices, VO Curations, London, UK
- L'âge de raison, Clearing, Brussels, Belgium

2018
- Childhood: Another Banana Day for the Dream Fish, Palais de Tokyo, Paris, France
- Deux sens du décoratif, Centre d'art contemporain Passerelle, Brest, France
- Smooth Transitions, Galerie Eva Presenhuber, Zurich, Switzerland
- Here Here – Das Ich Und Alles Anderen, Braunsfelder, Cologne, Germany
- Group Show, Galerie Eva Presenhuber, Zurich, Switzerland 

2017
- How It’s Made, Carl Kostyal, Stockholm, Sweden
- Voyage D’hiver, Château De Versailles Spectacles and Palais De Tokyo, Versailles, France
- Artificial Tears. Singularity & Humanness – a Speculation, Vienna Biennale, Mak, Vienna, Austria
- The Leftovers, Simon Lee Gallery, New York, USA
- Medusa, Musee d'Art Moderne de la Ville de Paris, Paris, France
- De Nature En Sculpture, Villa Datris, L’Isle-sur-la-Sorgue, France

2016
- Lanzarote, Union Pacific, London, UK
- Streams of Warm Impermanence, David Roberts Art Foundation, London, UK
- Pastoral Myths, La Loge, Brussels, Belgium
- History Made By Artists, CLEARING, New York, USA

2015
- The Great Depression, Balice Hertling, Paris, France
- L’usage des formes, Palais de Tokyo, Paris, France
- Mon Horizonatalité, Untilthen Gallery, Paris France
- Deep Screen, Centre d’Art Contemporain, Parc Saint Léger, Pougues-les-Eaux, France

2014
- La Solitude, Astrup Firnley Museum of Modern Art, Oslo, Norway
- Elusive Earths, Établissement d’En Face Projects, Brussels, Belgium
- Let’s Play, Galeries du Cloitre, École des Beaux-Arts, Biennale d’Art Contemporaine de Rennes, Rennes, France
- Formes Simples, Cristallerie de Saint-Louis-lès-Bitche, France
- L’Écho / Ce qui Sépare, Hab Galerie à Nantes et Frac des Pays-de-la-Loire, Carquefou, France

2013
- I’ve Lost My Marbles, Athens, Greece
- No Fear, No Shame, No Confusion,Triangle France, Marseille, France
- Galerie le Minotaure, Paris, France
- Prix Sciences Po Pour L’Art Contemporain, Paris, France

2012
- Pavillon de Chasse, Galerie Semiose, Paris, France
- Etrange Été, Galerie White Project, Paris, France
- 57éme Salon de Montrouge, Le Beffroi, Montrouge, France
- BYOB, Palais de Tokyo, Paris, France
- Sur un pied, Galerie Sémiose, Paris, France

2011
- Nul Ptyx, Cité Internationale des Arts, Paris, France

public collections

Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, France
Musée National d’Art Moderne - Centre Pompidou, Paris, France
Fondation Louis Vuitton, Paris, France
Musée du Louvre, France
CNAP, Paris, France
FRAC Ile de France, France
FRAC Corse, France
Zabludowicz Collection, London, United Kingdom
Boros Collection, Berlin, Germany
Sammlung Philara, Düsseldorf, Germany
Vanhaerents Art Collection, Brussels, Belgium
TANK Shanghai, China
Long Museum, Shanghai, China
Dib Museum Collection, Bangkok, Thailand
 

Public commissions

Permanent installation, ENS Saclay, France
Permanent installation, Poitiers, France
Permanent installation, Rennes, France
Permanent installation, Neviglie, Italy
Temporary installation, Public Art Fund, New York, USA (2019-2020)
Temporary installation, Central Wharf Park, Boston, USA (2024-2025)
Temporary installation, Art D'Egypte: Giza Pyramids, Egypt (2024)

L’épreuve de la tension

par Donatien Grau

A première vue, Jean-Marie Appriou semble être un artiste du foisonnement : dans son œuvre, les mythes se rencontrent, venus de civilisations et d’horizons multiples, associant film, iconographie antique, bande dessinée, comme si la richesse du monde pouvait se traduire en un syncrétisme de formes, d’images, de rêves. Les formes ne cessent de changer, de proliférer : un matériau devient mille ligaments, des fils qui sont autant de directions prises par les formes devenues figures.  Si une sculpture représente une figure seule, que ce soit un animal ou un élément anthropomorphe, on peut discerner dans sa réalisation mille traits résultant de décisions de l’artiste – le sculpteur lui-même ou cet autre grand artiste, son frère, le hasard. Une figure, c’est mille décisions, et les bas-reliefs, monuments qu’il érige, présentent des scènes à plusieurs, et chacune est représentée avec la même attention, résultant parfois de quelques gestes seulement et néanmoins si précise. On voit ces figures se dégager de la matière et avancer vers l’extérieur, surgir vers la présence. L’espace interstitiel qui les sépare en réalité les unit. La position du multiple est un mouvement vers l’unité.

 C’est comme si était advenue une vague de songes, ayant pris corps, et désormais trouvant place dans la matière. Comme si les rêves de l’artiste, qui sont aussi ses lectures, ses contemplations artistiques, ne devaient pas rester dans l’éther, mais s’incarner dans cette chair de vie plus longue qu’est la sculpture. La chair peut se distendre, se travailler, s’élargir ici, s’amincir là : cette chair durable que sont le bronze, l’aluminium, le métal est le double de celle qui recouvre les os. Au cœur de l’œuvre de l’artiste, la conscience que les architectures de statues existent en parallèle de celles des corps, que chaque sculpture hybride est une hypothèse pour envisager la même créature de chair. Comme si la vie n’était pas finie, ni dans ses manifestations ni dans sa durée, comme si on pouvait toujours la rouvrir, et comme si, ainsi que les failles spatio-temporelles menaçant dans un film de science-fiction de se clore, mais laissées entrouvertes au dernier moment, il était possible de lui préserver une béance qui a pour nom espoir ou liberté.

Jean-Marie Appriou croit en la mission de la sculpture de donner naissance au réel, de lui donner forme, de lui permettre de se réaliser : il est à la fois le sculpteur qui n’hésite pas à donner à l’œuvre la forme de la réalité, et l’artiste romantique qui voit ce que nul autre ne voit. Avec passion, il y croit encore : oui, l’art peut donner forme au visible : oui, l’artiste a cette capacité à et cette mission d’exprimer l’inexprimable ; oui, le sculpteur peut être un démiurge encore, donnant forme à la glaise, créant une figure humaine là où il n’y avait que de l’argile. Ce miracle de la sculpture, donner forme à l’informe, il le vit tous les jours. Ce n’est pas un sujet d’étonnement, voire de doute : c’est une réalité, un fait de sa vie. Quand il va à l’atelier, il accomplit le geste, avant lui, de générations d’artistes qui donnèrent naissance à la forme humaine.

Il contredit le modèle duchampien, ou plutôt, le contourne : il examine ce qui fut auparavant et ce qui suivit. Conscient que tout peut devenir œuvre, il préfère s’assurer que tout soit œuvre, par force de travail. Dans son regard, il ne suit pas la condamnation du musée que portait Duchamp, désireux d’aller ailleurs parce que le musée, c’était un récit clos, alors que mille autres auraient été possibles, choix distincts, options alternatives. Il cherche à renouer avec les alliances qui précédaient les catégories, à recréer une fluidité là où tout est devenu si figé, à faire surgir ce qui était latent, mais là, invisible. Il n’y a jamais eu de fin de l’art, la question ne se pose même pas, il faut sortir du temps bref des cinquante ou des cents dernières années, avec leurs récits construits, et renouer avec le temps long, celui face auquel on se sent humble, reconnaissant que le miracle a déjà eu lieu, mais où l’on peut aussi vivre avec fierté : celle de qui sait faire, qui sait, de ses mains, donner forme. Ce geste démiurgique a une portée mythique, c’est celui de Prométhée, façonnant le premier homme avec l’argile. C’est le geste de savoir absolu, celui qui, dans une autre tradition, donne le Golem. Jean-Marie Appriou, comme tant d’autres avant lui, est un épigone de Prométhée : il est conscient d’hériter des traditions de donner forme à la matière. Si l’on peut donner forme humaine à la matière, ou lui donner la référence de ce qui est dans le monde, voire ouvrir à ce qui n’est pas encore, c’est un geste d’une puissance dont on ne mesure plus la charge : celui qu’accomplirent pendant des siècles artistes et artisans, car les deux catégories n’étaient pas exclusives, au contraire. L’artiste assumait de fabriquer du réel, l’artisan pouvait être habité par le génie : dans les traditions antiques, qui inspirent tant Jean-Marie Appriou, l’artiste crée un archétype, un prototype, et toutes ces œuvres dérivent de cette invention dont il est à peine responsable, inspiré qu’il est par les divinités ; ailleurs que dans l’Occident globalisant des deux cents dernières années, on reconnaît que l’artiste n’est pas un moi isolé qui dit le monde du haut de sa montagne. Cette image est désormais bien tardive. Assumant une mission démiurgique, il le fait avec la modestie et la fierté du travailleur, qui n’est là qu’en créant, en agissant.

De la sorte, il remet en cause les catégories dépassées : Beaux-Arts, arts décoratifs, art contemporain, elles tombent toutes face au simple geste de malaxer la matière, de la cuire, de lui intégrer d’autres éléments. Face au primat de la matière et de son travail, il n’est rien d’autre que le geste, la continuation de l’action du sculpteur, suivant la tradition de millénaires de sculpture. La rupture entre les arts décoratifs et les Beaux-Arts définit une grande partie de la modernité : les deux étaient séparés, et l’art voulu s’emparer des méthodes décoratives pour les modifier, du haut de sa suprématie.  C’était une guerre de pouvoir entre les deux, et l’art dominait par le prestige.

Jean-Marie Appriou fait un pas de côté face à ce débat moderne, occidental, et propose une alternative : l’union troublante en une œuvre de la puissance du décoratif et de l’artistique. La reconnaissance qui préside à une logique décorative  - le décoratif, c’est ce que l’on reconnaît et veut faire participer à sa vie – trouve sa place dans son œuvre ; l’artistique, moderne, soit une capacité à changer le cours des choses. Ces œuvres n’affirment rien, n’exposent rien, elles invitent à saisir une interrogation, à vivre un trouble, qui n’est pas le contraire de l’évidence. Les hiérarchies, les séparations qui ont été imposées par la modernité, au siècle, entre les formes d’art, voire de non-art, n’ont pas de sens pour lui : il les déjoue, au profit de la liberté de l’imagination, du rêve, et de la fabrication. La lutte entre les matériaux de sculpture et d’objets décoratifs, il ne la connaît pas : mieux, il la réfute, refusant de l’intégrer dans son champ de vision au profit d’un rapport autre à l’art, à la fois candide et savant, retournant toute les catégories. Le savant ne contredit pas l’innocence : celle-ci s’atteint à force de réflexion et d’engagement, et non du premier coup. L’ambition d’habitation des vies portée par le décoratif ne contrevient pas à celle de transformation qu’incarne l’art. Si, comme disait Baudelaire dans une phrase célèbre, « le beau est toujours bizarre », le bizarre peut porter en lui une partie de beauté : les oppositions évidentes entre ces catégories n’ont plus de sens pour une action à laquelle doit présider la surprise, l’incompréhension, l’ouverture à de nouvelles catégories d’existence.

L’évidence la plus forte est celle qui porte en elle l’ouverture du trouble : telle est la leçon de l’artiste. Chacune de ces œuvres comporte un élément de reconnaissance : ce masque est-il celui d’un sarcophage égyptien, d’une statue grecque, ou d’un visage Mexica ; cette frise rappelle-t-elle une sculpture mésopotamienne ou une bande dessinée compulsée dans la jeunesse de l’artiste ; ces signes zodiacaux rappellent-ils une imagerie commune, visible dans toutes les images numériques et imprimées, ou sont-ils extraits d’une source rare, impossible à retrouver ; cette œuvre ouvre un espace où ces questions perdent leur sens, où tout coexiste et où l’obsession de l’identification, de la dénomination, de la fixation de l’identité devient obsolète.

Si l’on examine son œuvre, on verra une prolifération de sources : l’Egypte ancienne joue un rôle important dans sa pensée – il avait envisagé, très tôt, être égyptologue. Il regarde aussi bien les arts et traditions dits populaires que les œuvres les plus solennelles de l’histoire de l’art, se tournant vers le passé récent autant que vers celui, plus profond, des millénaires. Il regarde aussi vers le futur, vers ces propositions pour ce qui adviendra aux êtres humains, aux animaux, aux choses et aux phénomènes, désormais mêlés dans leur existence, et formule les siennes, avec les autres.

Dans son processus, l’artiste cherche les sources, réfléchit aux récits, s’en nourrit et les ingère dans sa gigantesque volonté de connaissance du monde : il veut savoir ce qui est, ce qui a été, couper au travers des généalogies pour accéder à l’énergie brûlante du sacré, de l’humain, de son dépassement, à la force de vie. Cette force de vie s’incarne dans toutes ses références : rien de ce qui est humain ne lui est étranger. Acteur d’une magie humaine, il accomplit un acte par essence humain : celui du sculpteur, qui crée une forme à son image avec une matière qui n’est pas lui-même. Ce rapport d’altérité et cet acte de prolongement de soi sont au fondement de son œuvre : si la figure humaine est centrale dans son œuvre, elle n’exclut pas le reste des formes, et, au contraire, de cet ancrage, Jean-Marie Appriou peut évoluer vers les animaux symboliques, vers les chimères.

Son rapport aux savoirs est un constant chemin d’apprentissage ! de la même manière, son rapport à la sculpture est celui d’une expérimentation incessante. Il cherche à découvrir de nouvelles techniques, à associer des méthodes que l’on ne penserait pas liées, à montrer que les façons de créer ne sont pas séparées mais peuvent être combinées, offrant de nouvelles perspectives avec leurs histoires. Le nouveau, ce n’est pas seulement la radicalité du grand Ailleurs moderne, c’est aussi cet ajout qu’un sujet peut apporter à son expérience, ses sensations, qui viennent s’inscrire dans le livre des vies. C’est aussi ce que l’on apprend, que l’on porte ensuite en soi et avec soi. Jean-Marie Appriou s’offre au monde, il est prêt à en embrasser les récits, à en apprendre les techniques, à savoir comment l’on rêvait la mort, ou la non-mort, la transformation, comment la vie trouvait dans la sculpture son modèle rêvé, il le fait pour le désir de connaître, lui-même.

Il est pris d’un désir de connaissance infrangible, prenant tout, les livres, les techniques, traitées suivant une méthode similaire d’apprentissage, de découverte, d’intégration dans sa vision du monde. La multiplicité des pratiques de la sculpture équivaut à la multiplicité des savoirs livresques : la connaissance de la matière sculpturale et celle des savoirs peut être traitée de la même façon, celle d’un voyage de découverte de la vie. Le regard de Jean-Marie Appriou contemple, s’étonne, s’enthousiasme ; son oreille écoute ce qui est énoncé, et l’œil, le regard, la main, inventent ensemble les transformations des réalités. Il restitue et métamorphose en un mouvement la matière, les faits : car les faits sont de la matière et la matière est un fait. Ce principe d’équivalence, en même temps que d’extrême ouverture, gouverne sa vie : épris de toute découverte, il assume sa singularité et l’insère dans un univers des formes et des savoirs qui constitue comme une constellation.

Il pense son œuvre comme un processus, une métamorphose, celle de la matière, poudre, liquide, solide, chauffée, refroidie, transformée, réinventée, mise en mouvement et instable. L’alchimie est un modèle, ce travail patient qui permet d’arriver à un autre état d’existence, plus élevé, celui de la magie ou de l’art : les systèmes de croyance et les structures de la révélation accompagnent Jean-Marie Appriou, il leur laisse libre place, et son œuvre s’élabore comme un espace commun des croyances scientifiques, mythiques, religieuses, mystiques, artistiques. Il les assemble, dans un gigantesque champ de sculptures, refusant, par le geste de les insérer à part égale dans son œuvre, les hiérarchies et les séparations d’ordre et de civilisation : rien de tout cela dans son regard et son œuvre. Si la liberté préside à ces actes, il ne faut pas sous-évaluer le tour de force que constitue, sur un plan existentiel aussi bien que formel, les deux peuvent bien être la même chose, une telle association. Ce geste est radical, il naît de la confrontation à des tensions sans fin. Comme le scribe égyptien du Louvre, qui regarde vers le lointain, vers un temps hors du temps qui est celui de l’éternité et du musée, et qui pourtant figure une personne défunte : le miracle coexiste avec la contradiction du vivant.

Goethe le disait à la fin du Faust : « Celui qui, aspirant, s’efforce, celui-là, nous pouvons le sauver ». L’œuvre de Jean-Marie Appriou, si elle comporte sa part de joie, repose sur une aspiration et un effort sans relâche. Si chaque œuvre semble manifeste une résolution, et en est une de fait, elle résulte d’une tension constante, d’une inquiétude : l’esprit de l’artiste est toujours en tension vers un inconnu, en quête, attendant le signal qui vient et change sa pensée, vers la nouvelle forme qui surgit. C’est un fabricant, pris dans les matériaux, les tordant, poussant au fond de leur être, et c’est un romantique, qui ne s’accomplit jamais autant que dans l’illumination, à ce moment où tout s’affirme et s’achève. Entre les deux, comme entre le savoir et la liberté, entre la matière et l’esprit, entre les récits et l’image, une tension permanente : lui-même engagé dans cette dialectique difficile et miraculeuse, il ne cesse de mener un combat pour la délivrance, l’espace où l’œuvre apparaît, et où il est en paix. Ses sculptures peuvent sembler virtuoses, production de réalité en renouvellement et mutations perpétuelles : elles sont en réalité comme les signes d’une aventure intérieure et extérieure, dans les formes et avec soi-même. Le chemin initiatique se nourrit de rencontres : il faut les percevoir, les accepter, les faire entrer dans sa vie, les transformer, et se transformer avec elles. C’est la leçon de vie de Jean-Marie Appriou, sculpteur et être humain. S’ouvrir comme seule la maîtrise permet de le faire, connaître ce qui est, rêver ce qui sera peut-être, et être libre. Non pas contre la tension, mais avec elle, pour elle-même, et ainsi, pour soi, et pour le monde : une autre tension.

 

2026

Jean-Marie APPRIOU, Iván ARGOTE, Genesis BELANGER, Anna-Eva BERGMAN, Sophie CALLE, Maurizio CATTELAN, Johan CRETEN, Gabriel DE LA MORA, Jean-Philippe DELHOMME, Lionel ESTÈVE, Jens FÄNGE, Bernard FRIZE, Nick GOSS, Laurent GRASSO, Hans HARTUNG, Thilo HEINZMANN, Gregor HILDEBRANDT, Bharti KHER, Klara KRISTALOVA, LEE Bae, Jean-Michel OTHONIEL, Kathia ST. HILAIRE, AYA TAKANO, Xavier VEILHAN

15 janvier 2026 - 21 mars 2026

paris

8 avenue Matignon, 75008 Paris

Perrotin Matignon

2025

Nina Chanel ABNEY, Monira AL QADIRI, Jean-Marie APPRIOU, Iván ARGOTE, Julian CHARRIÈRE, Johan CRETEN, Jean-Philippe DELHOMME, Wim DELVOYE, Mathilde DENIZE, Lionel ESTÈVE, Jens FÄNGE, GELITIN, Nick GOSS, Miles GREENBERG, Thilo HEINZMANN, Gregor HILDEBRANDT, Alain JACQUET, Klara KRISTALOVA, Georges MATHIEU, Park Seo-Bo, Emma PREMPEH, Josh SPERLING, AYA TAKANO, Chiffon THOMAS, Xavier VEILHAN, Robin F. WILLIAMS

20 octobre 2025 - 25 octobre 2025

paris

60 RUE DE TURENNE 75003 PARIS

Panorama (Marais)

Young-Il AHN, Sara ANSTIS, Jean-Marie APPRIOU, Cristina BANBAN, Ali BANISADR, Anna-Eva BERGMAN, Lynn CHADWICK, Johan CRETEN, Laurent GRASSO, Hans HARTUNG, Thilo HEINZMANN, Gregor HILDEBRANDT, Holly LOWEN, LEE Bae, Otani Workshop, Jean-Michel OTHONIEL, Christiane POOLEY, Claude RUTAULT, Gérard SCHNEIDER, Jesús Rafael SOTO

20 octobre 2025 - 20 décembre 2025

paris

8 avenue Matignon, 75008 Paris

Panorama (Matignon)

Jason BOYD KINSELLA, Mathilde DENIZE, Xiyao WANG, Nick DOYLE, Bernard FRIZE, Iván ARGOTE, Johan CRETEN, Gregor HILDEBRANDT, Klara KRISTALOVA, Jean-Marie APPRIOU, Daniel ARSHAM, Julian CHARRIÈRE, Josh SPERLING, LEE Bae

11 septembre 2025 - 25 octobre 2025

Dubai

DIFC, Gate Village, Building 5, Unit 1, Podium Level

Sound of water

Jean-Marie APPRIOU, Daniel ARSHAM, Anna-Eva BERGMAN, Sophie CALLE, Julian CHARRIÈRE, Johan CRETEN, Wim DELVOYE, Jens FÄNGE, Bernard FRIZE, Laurent GRASSO, Hans HARTUNG, Gregor HILDEBRANDT, Bharti KHER, Klara KRISTALOVA, Georges MATHIEU, Jean-Michel OTHONIEL, Paola PIVI, Claude RUTAULT, Jesús Rafael SOTO, Xavier VEILHAN, Bernar VENET, Xiyao WANG, LEE Bae

2 septembre 2025 - 1 octobre 2025

paris

8 avenue Matignon, 75008 Paris

Perrotin Matignon

Jean-Marie APPRIOU, Daniel ARSHAM, Anna-Eva BERGMAN, Sophie CALLE, Maurizio CATTELAN, Lynn CHADWICK, Julian CHARRIÈRE, Johan CRETEN, Gabriel DE LA MORA, Jens FÄNGE, Bernard FRIZE, Laurent GRASSO, Hans HARTUNG, Bharti KHER, Klara KRISTALOVA, Georges MATHIEU, Jean-Michel OTHONIEL, Paola PIVI, Jesús Rafael SOTO, Pierre SOULAGES, Xavier VEILHAN, Bernar VENET, Emma WEBSTER, LEE Bae

10 avril 2025 - 4 juin 2025

paris

8 avenue Matignon, 75008 Paris

Perrotin Matignon

2024

Jean-Marie APPRIOU, Daniel ARSHAM, Roman COCHET, Jean-Philippe DELHOMME, Cairo DWEK, Julia VON EICHEL, Michael FLOMEN, Charles HASCOËT, Thilo HEINZMANN, Soren HOPE, Alexander JAMES, Rashid JOHNSON, Izumi KATO, LEE Bae, Claire LEHMANN, SHIM Moon-Seup, Keisho OKAYAMA, Jean-Michel OTHONIEL, Anna PLESSET, Hayal POZANTI, Youssra RAOUCHI, Gabriel RICO, Park Seo-Bo, Kuldeep SINGH, Jake TROYLI, Vickie VAINIONPÄÄ, Xavier VEILHAN, Bao VUONG, Xiyao WANG, Chris WATTS, Charisse Pearlina WESTON, Leon XU, Dustin YELLIN

29 octobre 2024 - 21 décembre 2024

new york

130 Orchard Street

Light of Winter

Jean-Marie APPRIOU, Iván ARGOTE, Daniel ARSHAM, Anna-Eva BERGMAN, Sophie CALLE, Julian CHARRIÈRE, Johan CRETEN, Gabriel DE LA MORA, Jean-Philippe DELHOMME, Mathilde DENIZE, Lionel ESTÈVE, Jens FÄNGE, Laurent GRASSO, Charles HASCOËT, Thilo HEINZMANN, John HENDERSON, Gregor HILDEBRANDT, Alain JACQUET, Bharti KHER, Georges MATHIEU, Paola PIVI, Gérard SCHNEIDER, Jesús Rafael SOTO, Josh SPERLING, Bernar VENET, Pieter VERMEERSCH, LEE Bae, Yves LALOY, Xavier VEILHAN

14 octobre 2024 - 19 octobre 2024

paris

60 RUE DE TURENNE 75003 PARIS

PANORAMA

12 octobre 2024 - 16 novembre 2024

paris

76 rue de turenne 75003 Paris

Exonaut Horizon

2023

ELMGREEN & DRAGSET, JR, Koak, Jean-Marie APPRIOU, Iván ARGOTE, Daniel ARSHAM, Genesis BELANGER, Anna-Eva BERGMAN, Sophie CALLE, Julian CHARRIÈRE, Johan CRETEN, Jean-Philippe DELHOMME, Mathilde DENIZE, Lionel ESTÈVE, Jens FÄNGE, Bernard FRIZE, Laurent GRASSO, Vivian GREVEN, Hans HARTUNG, Charles HASCOËT, Thilo HEINZMANN, John HENDERSON, Leslie HEWITT, Gregor HILDEBRANDT, Dora JERIDI, Susumu KAMIJO, Bharti KHER, Klara KRISTALOVA, Georges MATHIEU, Takashi MURAKAMI, Sophia NARRETT, Katherina OLSCHBAUR, Danielle ORCHARD, Jean-Michel OTHONIEL, Paola PIVI, Gabriel RICO, Claude RUTAULT, Emily Mae SMITH, Jesús Rafael SOTO, Josh SPERLING, Tatiana TROUVÉ, Xavier VEILHAN, Bernar VENET, Pieter VERMEERSCH, LEE Bae, QI Zhuo, SHIM Moon-Seup

16 octobre 2023 - 10 novembre 2023

paris

60 RUE DE TURENNE 75003 PARIS
2bis avenue matignon 75008 Paris

Matignon - October+ group show

Chiho AOSHIMA, Jean-Marie APPRIOU, Rao FU, Laurent GRASSO, Gregor HILDEBRANDT, Klara KRISTALOVA, Farhad MOSHIRI, Christiane POOLEY, Mark RYDEN, Yang ZHAO, CHANG Yachin, CHEN Ke, MENG Yangyang, Yves LALOY

15 septembre 2023 - 26 octobre 2023

Shanghai

3/F, 27 Hu Qiu Road, Huangpu District

Nocturnal Ballads

Jean-Marie APPRIOU, Sophie CALLE, Johan CRETEN, Jean-Philippe DELHOMME, Jens FÄNGE, Laurent GRASSO, Hans HARTUNG, Thilo HEINZMANN, Gregor HILDEBRANDT, JR, Klara KRISTALOVA, LEE Bae, Gabriel DE LA MORA, Takashi MURAKAMI, Tavares STRACHAN, Pieter VERMEERSCH

10 janvier 2023 - 5 avril 2023

paris

2bis avenue matignon 75008 Paris

Salon Perrotin Matignon

2022

Jean-Marie APPRIOU

4 novembre 2022 - 17 décembre 2022

Shanghai

3/F, 27 Hu Qiu Road, Huangpu District

Liquid Metal Dream

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